Freeze Corleone poursuivi à Nice pour apologie du terrorisme après des paroles polémiques
Freeze Corleone poursuivi à Nice pour apologie du terrorisme après des paroles polémiques

Le rappeur Freeze Corleone comparaîtra en février prochain devant le tribunal correctionnel de Nice. Il est accusé d’avoir fait référence à l’attentat de 2016 dans l’un de ses textes, une rime jugée ambiguë et controversée qui relance la polémique autour de ses prises de position dans ses chansons.

Une enquête déclenchée par des paroles suggérant l’attentat de Nice

La justice reproche à Freeze Corleone, de son vrai nom Issa Lorenzo Diakhaté, une phrase issue du titre Haaland, sorti en février 2024 sur l’album Seductive du rappeur allemand Luciano. Dans ce morceau, il évoque : « J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la… », un passage que le parquet et plusieurs plaignants jugent faire allusion à l’attentat au camion-bélier survenu sur la promenade des Anglais, le 14 juillet 2016 à Nice, qui avait causé la mort de 86 personnes et fait plus de 400 blessés.

Saisi du dossier, le parquet de Nice a confié l’enquête au service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ 06). Le parquet indique dans un communiqué que plusieurs victimes de l’attaque ont été entendues et ont porté plainte. Après avoir ignoré plusieurs convocations, le rappeur de 33 ans a été auditionné ce mardi 25 novembre en audition libre. Il a fait valoir son droit au silence. À l’issue de cette audition, il a été convoqué pour comparaître devant le tribunal correctionnel le 16 février 2026 pour « apologie du terrorisme en utilisant un service de communication au public en ligne ».

Un artiste régulièrement visé par des polémiques judiciaires et politiques

Ce n’est pas la première fois que Freeze Corleone est visé par la justice pour ses paroles. En 2020, il avait déjà fait l’objet d’une enquête pour provocation à la haine raciale en raison de textes à caractère antisémite dans l’album La Menace Fantôme. L’affaire avait été classée sans suite, mais elle avait conduit Universal Music à rompre son contrat avec l’artiste.

La chanson Haaland avait rapidement suscité des réactions outrées, notamment de la part de responsables politiques niçois. Éric Ciotti y avait vu « une nouvelle étape vers l’infâme », tandis que Christian Estrosi avait qualifié les propos de « provocation ignoble » et appelé à l’interdiction du morceau. En réponse, l’entourage du rappeur avait accusé les élus de « diffamation », affirmant qu’ils avaient ajouté ou interprété des passages inexistants.

Freeze Corleone, dont plusieurs concerts ont été annulés ces dernières années, notamment aux Eurockéennes en juillet 2025 par décision préfectorale, reste une figure controversée du rap français, oscillant entre provocation artistique et démêlés judiciaires répétés. Sa prochaine audience à Nice s’annonce très suivie.

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