Une juge fédérale américaine a rejeté la plainte du rappeur canadien, visant son propre label Universal, pour avoir promu le morceau polémique Not Like Us de Kendrick Lamar, où il est accusé d’actes graves.
Une plainte jugée infondée par la justice
La justice new-yorkaise a tranché : Drake ne pourra pas poursuivre Universal Music Group pour diffamation. Jeudi 9 octobre, la juge Jeannette Vargas a rejeté sa plainte, estimant que les paroles du morceau Not Like Us relevaient de « l’opinion » artistique, donc protégées par la liberté d’expression. Cette décision marque un revers judiciaire important pour l’artiste canadien, visé dans ce titre explosif par Kendrick Lamar, qui y laisse entendre que son rival aurait un comportement inapproprié envers des jeunes filles — allant jusqu’à l’accuser de « pédophilie ».
Drake accusait le label qu’il partage avec Lamar d’avoir délibérément mis en avant la chanson pour générer du « buzz viral », au détriment de sa sécurité et de son image. Il affirmait que UMG aurait même favorisé la diffusion du titre sur les plateformes via des pratiques douteuses, comme le recours à des bots ou des partenariats promotionnels dissimulés. Des allégations balayées par le tribunal, qui a jugé que la maison de disques n’avait commis aucune infraction.
Une rivalité artistique devenue affaire juridique
En 2024, la rivalité entre Drake et Kendrick Lamar avait pris une tournure spectaculaire à travers une série de morceaux où les deux rappeurs se répondaient à coups de punchlines incendiaires. Not Like Us, single majeur de Lamar, avait cristallisé l’attention avec des accusations virulentes qui ont marqué l’industrie et généré des millions d’écoutes.
Drake, de son vrai nom Aubrey Graham, dénonçait non seulement des attaques diffamatoires, mais aussi des conséquences concrètes : harcèlement en ligne massif et tentative d’intimidation physique, avec notamment des coups de feu tirés près de son domicile à Toronto en mai 2024, blessant un membre de son équipe de sécurité. Il considérait que son propre label avait privilégié ses intérêts économiques en exploitant cette polémique.
Mais Universal a salué la décision du tribunal. Dans un communiqué transmis à l’AFP, un porte-parole du label a qualifié la plainte d’« affront envers tous les artistes et leur expression créative ». De son côté, Drake ne compte pas en rester là : son équipe juridique a déjà annoncé son intention de faire appel.