La chanteuse a révélé être atteinte de ce trouble dans l’émission Small Talk. Un témoignage rare sur une pathologie encore peu comprise, qui touche près de 300 000 personnes en France.
« Je tremble tout le temps ». Avec ces mots simples mais forts, Clara Luciani a mis un nom sur une maladie encore largement ignorée du grand public. Invitée de l’émission Small Talk sur Konbini, l’interprète de La Grenade a révélé être atteinte de ce qu’on appelle le tremblement essentiel, un trouble neurologique chronique qu’elle partage avec sa mère.
Une maladie souvent confondue avec Parkinson
Le tremblement essentiel se manifeste le plus souvent par des tremblements des mains, mais il peut aussi affecter la tête, la voix ou plus rarement les jambes. Contrairement à la maladie de Parkinson, il s’agit ici d’un tremblement d’action, c’est-à-dire qui se déclenche lorsque la personne effectue un geste ou tient une posture. « C’est très gênant, car on me demande souvent si j’ai bu ou pris quelque chose, alors que non, c’est juste ma réalité », a confié la chanteuse.
En France, environ une personne sur vingt chez les plus de 65 ans en est atteinte, selon l’Assurance maladie. Mais la pathologie peut se déclarer bien plus tôt, parfois dès l’adolescence ou à l’âge adulte. Dans environ deux tiers des cas, la maladie a une origine génétique, ce qui est également le cas de Clara Luciani.
Un trouble sans remède, mais que l’on peut apprivoiser
Pour l’instant, aucun traitement ne permet d’éliminer totalement les symptômes. Certains médicaments comme les bêtabloquants ou les antiépileptiques peuvent en atténuer les effets, mais la prise en charge reste limitée. Lorsqu’elle a commencé à se produire sur scène, Clara Luciani avait recours aux bêtabloquants pour ralentir son rythme cardiaque. « Mais aujourd’hui, j’ai décidé de vivre avec », a-t-elle affirmé dans un sourire.
Une décision qui l’a libérée. « J’ai longtemps eu peur qu’on voie que je tremble. Maintenant, je monte sur scène avec un micro sans fil, je ne cherche plus à cacher. Et depuis, je tremble moins », a-t-elle observé.
Assumer pour mieux avancer
Si la maladie ne l’empêche pas de chanter, elle peut compliquer certains gestes du quotidien. La chanteuse a ainsi évoqué son goût pour le dessin, freiné par l’imprécision de ses traits. Pourtant, elle choisit d’en rire : « Tremblement essentiel, ça sonne comme un titre d’album gothique… un peu comme du Evanescence ! »
Par ce témoignage, Clara Luciani contribue à briser le silence autour d’un trouble encore trop souvent invisible. Un pas de plus vers une meilleure reconnaissance de cette maladie, et une nouvelle preuve de la force de celle qui, en chanson comme dans la vie, avance sans détour.