Le 3 juin 1906, Joséphine Baker naît dans un quartier pauvre de Saint-Louis, dans le Missouri (États-Unis). De son vrai nom Freda Josephine McDonald, cette enfant issue d’une famille afro-américaine connaît une jeunesse marquée par la pauvreté et la ségrégation. Mais grâce à son énergie et à son talent, elle devient une icône des Années folles à Paris, avant de s’imposer comme résistante, militante des droits civiques, et mère de famille nombreuse. Une vie exceptionnelle, à la croisée des arts et de l’Histoire.
Des planches de Saint-Louis aux Folies Bergère
Très jeune, Joséphine Baker rêve de scène. Elle commence à danser dans les rues, puis dans des troupes de théâtre itinérantes. À 19 ans, elle traverse l’Atlantique pour rejoindre Paris, où elle débute dans La Revue nègre au théâtre des Champs-Élysées en octobre 1925. Sa performance audacieuse – notamment sa fameuse danse avec la ceinture de bananes – enflamme la capitale.
Dans les années 1930, elle est la star des Folies Bergère. Sa chanson « J’ai deux amours, mon pays et Paris » devient un symbole de son attachement à la France, qu’elle adopte officiellement en 1937 en épousant un industriel français, Jean Lion. Son ascension est fulgurante. Loin des préjugés racistes qu’elle subissait aux États-Unis, Joséphine trouve en France un pays où elle peut être elle-même.
Une artiste au cœur de l’Histoire
En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker met sa célébrité au service de la Résistance. Espionne pour le compte de la France libre, elle cache des messages dans ses partitions ou ses vêtements, se rend en Afrique du Nord pour soutenir les troupes françaises et récolte des fonds qu’elle reverse à la Croix-Rouge. Pour ces actes courageux, elle reçoit la médaille de la Résistance, la Croix de guerre et la Légion d’honneur.
Dans les années 1950 et 1960, elle se bat aux côtés de Martin Luther King pour les droits civiques aux États-Unis. Le 28 août 1963, elle prend la parole à Washington juste avant le célèbre discours « I Have a Dream ». Vêtue de son uniforme de résistante, elle rappelle son engagement contre le racisme : « En France, je n’ai jamais eu peur. »
Joséphine Baker adopte également 12 enfants de différentes origines qu’elle élève dans son château des Milandes, en Dordogne, qu’elle transforme en un lieu utopique de fraternité. Ce projet généreux finit par la ruiner, mais elle ne renonce jamais à ses convictions.
Elle meurt à Paris le 12 avril 1975, quelques jours après un dernier triomphe sur scène. En 2021, elle entre au Panthéon, devenant la première femme noire honorée de cette reconnaissance nationale.