Nina Kraviz maintenue aux Vieilles Charrues malgré les critiques pro-ukrainiennes
Nina Kraviz maintenue aux Vieilles Charrues malgré les critiques pro-ukrainiennes

À l’approche de l’ouverture du festival des Vieilles Charrues, du 17 au 20 juillet à Carhaix, la présence de la DJ russe Nina Kraviz crée la controverse. Si l’événement promet une programmation prestigieuse avec Macklemore, Alanis Morissette ou Damso, c’est la participation de l’artiste électro qui fait débat. Des associations ukrainiennes basées en Bretagne lui reprochent son silence sur la guerre en Ukraine. Les organisateurs, eux, assument leur choix tout en affirmant avoir pris toutes les précautions nécessaires.

Une invitation contestée mais assumée

Prévue sur scène le jeudi, jour d’ouverture du festival, Nina Kraviz est la cible de critiques de la part des collectifs Iroise-Ukraine et Solidarité Bretagne-Ukraine. Ils l’accusent de complaisance envers le régime russe, voire de relayer indirectement la propagande du Kremlin, du fait de son absence de condamnation explicite de l’invasion de l’Ukraine.

Jean-Jacques Toux, co-programmateur du festival, défend ce choix. Il explique que des vérifications ont été menées en amont auprès du producteur et de l’équipe de l’artiste pour éviter toute polémique : “On s’est blindé auprès du producteur, du management”, a-t-il déclaré à France Bleu Breizh Izel. Selon lui, si Kraviz n’a pas pris position contre Vladimir Poutine, elle s’est exprimée en faveur de la paix, et a continué à se produire dans le monde sans susciter de polémique comparable.

Le festival cherche l’équilibre entre ambition culturelle et viabilité économique

Cette controverse s’ajoute à un climat déjà tendu entre la municipalité et les organisateurs. Pour la deuxième année consécutive, le maire de Carhaix, Christian Troadec, ne participera pas à la cérémonie d’ouverture. Les tensions, qui avaient culminé en 2024 au point d’envisager une annulation, semblent toutefois s’apaiser. Des discussions avec les représentants de l’État, de la région et du département ont permis de relancer le dialogue, notamment autour d’un projet d’infrastructures permanentes sur le site du festival.

Les Vieilles Charrues entament une transition vers un modèle plus durable : réseau électrique, fibre optique et système d’eau sont en cours d’installation. L’objectif est de réduire les coûts logistiques, alors que le festival doit actuellement mobiliser six semaines de montage. Ces efforts répondent à une nécessité financière : en 2024, l’événement a accusé un déficit d’un million d’euros sur un budget de 21 millions, en partie en raison d’une fréquentation en baisse (250 000 entrées contre 346 000 en 2023) et d’une forte hausse des coûts de production (+30 % depuis la crise sanitaire).

Malgré cela, les organisateurs refusent d’augmenter le prix du billet (maintenu à 56 euros par jour) et préfèrent limiter les cachets excessifs, quitte à refuser certains artistes jugés trop gourmands. À plus long terme, ils envisagent l’organisation de concerts hors saison pouvant rassembler jusqu’à 20 000 personnes, afin de pérenniser leur modèle économique.

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