Musique générée par IA - une société danoise poursuit la plateforme Suno pour violation de droits d’auteur
Musique générée par IA - une société danoise poursuit la plateforme Suno pour violation de droits d’auteur

La tension monte entre les créateurs de musique et les plateformes d’intelligence artificielle. Mardi 4 novembre, l’organisme danois Koda, représentant quelque 51 000 compositeurs, auteurs et éditeurs, a annoncé avoir déposé une plainte contre la société américaine Suno, spécialisée dans la génération musicale par IA. En cause : l’utilisation présumée d’œuvres protégées, sans autorisation ni rémunération.

Selon Koda, Suno aurait entraîné ses algorithmes sur des morceaux issus du répertoire danois, citant notamment Aqua, MØ et Christopher, trois artistes populaires du pays. Aucun accord de licence n’aurait été signé, aucune information sur l’origine des fichiers utilisée n’aurait été partagée, et aucun centime reversé aux ayants droit, déplore l’organisme. « Les créations de Suno entrent désormais en concurrence directe avec la musique exploitée légalement », souligne Koda dans un communiqué.

Une bataille mondiale contre les IA musicales

Si Koda est le premier acteur européen à engager ce type de procédure contre Suno, la Recording Industry Association of America (RIAA) avait déjà attaqué l’entreprise – ainsi que sa concurrente Udio – devant les tribunaux américains en juin 2024, pour des faits similaires. À ce jour, ces plaintes sont toujours en cours.

De leur côté, les majors de l’industrie – Universal, Warner et Sony – ont entamé des discussions avec ces start-up de l’IA. Un accord a déjà été conclu entre Universal et Udio, qui prévoit en 2026 le lancement d’une plateforme d’IA musicale reposant sur des titres sous licence, et donc validés par les ayants droit.

Un modèle à revoir selon Koda

Koda insiste de son côté pour la mise en place d’une norme internationale, qui obligerait les développeurs d’IA à demander le consentement préalable des artistes et à les rémunérer équitablement. Son directeur général, Gorm Arildsen, prévient : « Nous croyons au potentiel de l’IA dans la musique, mais pas au détriment des droits fondamentaux des créateurs. L’innovation ne peut pas se construire sur des biens volés. »

Selon une étude commandée par l’organisme, si rien n’est fait, l’industrie musicale danoise pourrait perdre jusqu’à 28 % de ses revenus d’ici 2030 en raison de l’usage non encadré des IA génératives.

En attendant une éventuelle décision de justice ou un accord, Suno ne s’est pas encore exprimée publiquement sur cette procédure engagée au Danemark.

Que retenir rapidement ?

La tension monte entre les créateurs de musique et les plateformes d’intelligence artificielle. Mardi 4 novembre, l’organisme danois Koda, représentant que

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