À plus de 60 ans de carrière, les Rolling Stones auraient pu choisir de jouer la carte de la nostalgie. Avec « Foreign Tongues », leur 25e album studio sorti le 10 juillet 2026, Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood prennent pourtant le chemin inverse : celui d’un groupe toujours animé par le plaisir de créer. Entre blues, rock, soul et influences country, le disque confirme une vitalité étonnante pour une formation dont les membres dépassent désormais les 80 ans.
Un album fidèle à l’ADN des Stones sans sensation de déjà-vu
Enregistré rapidement aux Metropolis Studios de Londres avec le producteur Andrew Watt, déjà présent sur leur précédent album « Hackney Diamonds », « Foreign Tongues » ne cherche pas à transformer l’identité du groupe. Dès les premiers morceaux, les guitares rugueuses, les rythmes entraînants et l’énergie blues rappellent immédiatement la signature des Stones, tout en donnant l’impression d’un groupe encore en mouvement.
Le disque s’ouvre avec « Rough and Twisted », un titre dévoilé auparavant sous le mystérieux nom de The Cockroaches, une stratégie qui faisait écho aux habitudes du groupe de jouer des concerts secrets dans les années 1970. Avec son harmonica, son piano boogie et ses riffs directs, le morceau annonce la couleur d’un album qui assume pleinement ses racines. « In the Stars » poursuit cette dynamique avec une mélodie conçue pour les grandes scènes et un refrain fédérateur.
Mais c’est surtout dans les morceaux plus calmes que le groupe surprend. « Jealous Lover » met en avant la voix de Mick Jagger, qui retrouve ses envolées en falsetto avec une facilité remarquable. « Ringing Hollow », aux accents country, offre une ambiance plus mélancolique, tandis que Keith Richards signe une nouvelle chanson plus intime avec « Some of Us », fidèle à son style fragile et reconnaissable.
Des invités prestigieux pour prolonger l’histoire du groupe
Pour ce nouvel opus, les Rolling Stones ont également choisi de s’entourer de plusieurs figures majeures de la musique. Paul McCartney participe notamment au morceau « Covered in You » avec une ligne de basse aux influences funk. Robert Smith, le chanteur et guitariste de The Cure, intervient sur « Divine Intervention » et « Never Wanna Lose You », tandis que Chad Smith, batteur des Red Hot Chili Peppers, apporte son énergie sur la reprise de « Beautiful Delilah » de Chuck Berry.
Le passé du groupe est également présent avec la participation posthume de Charlie Watts. Le batteur historique des Stones, disparu en 2021, apparaît sur « Hit Me in the Head » grâce à un enregistrement réalisé lors de l’une de ses dernières sessions. Sa présence rappelle le lien entre cette nouvelle création et l’histoire du groupe commencée dans les années 1960.
L’album rend aussi hommage à d’autres grandes figures musicales avec une reprise de « You Know I’m No Good » d’Amy Winehouse. Les Stones transforment ce titre en un morceau de rhythm and blues énergique, porté notamment par l’harmonica de Mick Jagger.
Sans révolutionner leur formule, les Rolling Stones livrent donc un disque qui mise sur ce qu’ils maîtrisent depuis toujours : des mélodies efficaces, une énergie brute et une passion intacte pour le rock. « Foreign Tongues » ne cherche pas à effacer les décennies écoulées, mais démontre qu’un groupe légendaire peut encore créer avec enthousiasme et convaincre bien au-delà de son propre héritage.
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