Le 11 octobre 1963, la France voit disparaître coup sur coup deux de ses plus grandes figures artistiques : le poète et académicien Jean Cocteau, emporté à 74 ans, et la chanteuse Édith Piaf, morte la veille à seulement 47 ans mais officiellement déclarée décédée le 11 octobre. Leur départ quasi simultané scelle la fin d’une époque et frappe des millions de Français bouleversés.
Deux destins liés par l’amitié
Jean Cocteau, « le poète de tous les arts », s’était imposé dans la littérature, le cinéma, le dessin ou encore le théâtre. Depuis plus de vingt ans, il partageait une complicité profonde avec Édith Piaf, incarnation populaire de la chanson française. Lorsque Cocteau apprend, depuis sa maison de Milly-la-Forêt, la disparition de son amie, il confie : « C’est le bateau qui achève de couler ». Quelques heures plus tard, lui-même succombe à une crise cardiaque. Beaucoup verront dans cette coïncidence tragique un symbole : la mort de Piaf aurait précipité celle de son ami.
Une légende parisienne
Édith Piaf, usée par les excès et la maladie, s’éteint en réalité le 10 octobre dans sa maison du sud de la France, victime d’une rupture d’anévrisme. Mais son entourage organise en secret le transfert de son corps à Paris, afin de respecter son souhait de « mourir dans sa ville ». Son mari Théo Sarapo et ses proches parviennent à masquer ce rapatriement clandestin, et le docteur Bernay de Laval établit un certificat de décès antidaté au 11 octobre. Le mythe est sauf : la Môme Piaf est morte à Paris, la ville dont elle incarnait l’âme. Ses funérailles au Père-Lachaise attirent une foule immense, rendant hommage à la chanteuse de « La Vie en rose ».