À Glastonbury, le groupe irlandais Kneecap enflamme la scène avec des attaques contre Keir Starmer et Israël
À Glastonbury, le groupe irlandais Kneecap enflamme la scène avec des attaques contre Keir Starmer et Israël

Le trio de hip-hop irlandais Kneecap a provoqué une vive controverse samedi au festival de Glastonbury, en lançant des slogans virulents contre le Premier ministre britannique Keir Starmer et en condamnant avec force l’État d’Israël, devant une foule enthousiaste de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Cette performance incendiaire fait suite à une vive polémique entourant leur présence même au festival.

« Le Premier ministre de votre pays, pas du mien, a dit qu’il ne voulait pas que nous jouions, alors va te faire foutre Keir Starmer », a lancé Liam O’Hanna, alias Mo Chara, vêtu d’un keffieh, en référence au couvre-chef symboliquement associé à la solidarité avec la cause palestinienne. Le public, massé par dizaines de milliers devant la scène West Holts, a repris le slogan dans une ambiance survoltée, malgré les appels à l’interdiction du groupe émis plus tôt par des personnalités politiques et des représentants de l’industrie musicale.

La controverse entourant Kneecap remonte à l’accusation pour « infraction terroriste » portée récemment contre Mo Chara, accusé d’avoir brandi un drapeau du Hezbollah — groupe classé comme organisation terroriste par le Royaume-Uni — lors d’un concert en novembre dernier. Le musicien nie catégoriquement les faits, et son procès est prévu dans les mois à venir. « Ce qu’on vit est stressant, mais c’est rien comparé à ce que les Palestiniens traversent chaque jour », a déclaré Naoise Ó Cairealláin, alias Móglaí Bap, durant le concert.

Le groupe, connu pour ses textes mêlant anglais et gaélique, a ouvert le set avec Better Way to Live, avant de multiplier les critiques politiques dans une performance marquée par l’énergie et la provocation. « Il n’y a aucun moyen de le cacher, Israël est un criminel de guerre », a lancé Móglaí Bap sous les acclamations de la foule, dont une partie agitait des drapeaux palestiniens.

Ces déclarations ont suscité une réaction immédiate de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni, qui s’est dite « profondément troublée par la rhétorique incendiaire et haineuse exprimée sur scène à Glastonbury ». L’ambassade n’a toutefois pas répondu dans l’immédiat aux propos spécifiques tenus par les membres de Kneecap samedi soir.

Le groupe, longtemps perçu comme provocateur mais marginal, semble avoir trouvé dans cette controverse une caisse de résonance décuplée. Les organisateurs du festival, quant à eux, avaient refusé de céder aux appels à déprogrammer le trio, arguant de la liberté d’expression artistique. Le succès de leur performance devant une scène comble témoigne d’un soutien populaire important, mais risque d’intensifier encore le débat autour des limites du discours politique sur scène.

Dans un contexte politique britannique tendu, à la veille d’élections générales, l’affaire Kneecap devient un nouveau point de friction entre les défenseurs de la liberté artistique, les autorités politiques et les sensibilités diplomatiques.

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