Un avion de chasse F/A-18 Super Hornet s’est abîmé en mer mardi alors qu’il tentait d’atterrir sur le porte-avions USS Harry S. Truman, en mer Rouge, a révélé un responsable du département américain de la Défense à l’Associated Press. Les deux pilotes ont pu s’éjecter à temps et ont été récupérés sains et saufs, ne souffrant que de blessures mineures. Aucun membre de l’équipage sur le pont d’envol n’a été blessé. L’incident, désormais sous enquête, constitue un nouvel accroc à une mission déjà marquée par plusieurs événements dramatiques pour ce bâtiment de la marine américaine.
Selon les premiers éléments, la procédure d’« arrestment » — qui utilise un crochet pour attraper un câble d’arrêt et immobiliser l’appareil — aurait échoué. Il reste encore à déterminer quelle partie du système a dysfonctionné. Le F/A-18, d’une valeur estimée à 60 millions de dollars, a sombré dans les eaux de la mer Rouge. Ce n’est pas la première fois que la marine américaine perd un appareil dans cette région : en avril, un autre F/A-18 avait glissé du pont du même porte-avions lors d’une opération au sol. En décembre, c’est le croiseur lance-missiles USS Gettysburg qui avait par erreur abattu un F/A-18 lors d’une interception de drones Houthis.
Le Pentagone a confirmé l’incident via son porte-parole Sean Parnell, qui a assuré sur le réseau social X que l’appareil « n’a pas été touché par les Houthis » et que le groupe aéronaval du Harry S. Truman « reste pleinement opérationnel ». Le porte-avions, basé à Norfolk, en Virginie, a vu sa mission prolongée à plusieurs reprises du fait de la campagne aérienne menée par les États-Unis contre les rebelles houthis au Yémen.
Parallèlement, les Houthis continuent de faire l’inventaire des dégâts considérables infligés mardi à l’aéroport international de Sanaa, la capitale du nord du Yémen sous leur contrôle. Des frappes israéliennes diurnes ont gravement endommagé l’infrastructure, selon Khaled al-Shaif, directeur de l’aéroport. Il a affirmé à la chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, que le terminal avait été détruit, que des cratères marquaient la piste et qu’au moins six avions, dont trois appartenant à la compagnie nationale Yemenia Airways, avaient été touchés. Le montant des dommages est estimé à 500 millions de dollars.
Ces frappes interviennent dans un contexte de tension extrême dans la région. Les Houthis, alliés de l’Iran, avaient lancé des dizaines d’attaques contre des navires commerciaux et militaires en mer Rouge depuis novembre 2023, affirmant soutenir la lutte du Hamas contre Israël. Leurs frappes ont touché plus de 100 navires, provoqué le naufrage de deux d’entre eux et causé la mort de quatre marins, perturbant fortement un corridor maritime stratégique par lequel transite chaque année un commerce évalué à 1 000 milliards de dollars.
Bien qu’un cessez-le-feu ait été annoncé mardi par le président américain Donald Trump et le ministre des Affaires étrangères d’Oman, les Houthis n’ont pas encore reconnu officiellement cet accord. Depuis la mi-mars, les États-Unis ont intensifié leurs frappes contre le mouvement rebelle, en réponse à ses attaques maritimes.
La situation reste volatile, entre incidents techniques préoccupants dans les opérations américaines et escalade militaire sur le sol yéménite, à l’heure où l’aviation israélienne étend également son action dans la région.