Un ambulancier palestinien survit à une fusillade à Gaza en parlant hébreu aux soldats israéliens
Un ambulancier palestinien survit à une fusillade à Gaza en parlant hébreu aux soldats israéliens

Un ambulancier palestinien a échappé à la mort après avoir imploré des soldats israéliens en hébreu lors d’une fusillade meurtrière qui a coûté la vie à 15 travailleurs humanitaires dans le sud de la bande de Gaza, selon les déclarations du Croissant-Rouge palestinien. Assad Al-Nassasrah, membre de cette organisation, a été le seul survivant de l’attaque du 23 mars, un drame vivement dénoncé par la communauté internationale.

Selon Younis Al-Khatib, président du Croissant-Rouge palestinien, Al-Nassasrah a évité d’être abattu après avoir crié en hébreu qu’il était Israélien, ajoutant que sa mère possédait la citoyenneté israélienne. « Que dit Assad en hébreu ? ‘Ne tirez pas. Je suis israélien.’ Et le soldat s’est un peu embrouillé », a relaté Al-Khatib lors d’une conférence de presse à Genève. Cette hésitation aurait suffi à lui sauver la vie.

Les corps des victimes ont été découverts une semaine plus tard, enterrés dans une fosse peu profonde. Des responsables du Croissant-Rouge et de l’ONU ont accusé les forces israéliennes d’être responsables des tirs, contredisant la version initiale de l’armée israélienne qui avait évoqué des tirs contre des véhicules « suspects », circulant sans lumière ni identification. L’armée affirme que six membres du Hamas et du Jihad islamique se trouvaient à bord de véhicules du Croissant-Rouge.

Cependant, une vidéo publiée par l’organisation humanitaire, récupérée sur le téléphone portable d’un ambulancier tué, montre une scène bien différente : des véhicules de secours clairement marqués, avec feux allumés, sous les tirs des soldats. Cette séquence a ravivé les critiques contre l’armée israélienne, déjà mise en cause pour d’autres incidents similaires.

À la suite de ces révélations, l’armée israélienne a reconnu le 20 avril « plusieurs manquements professionnels » dans la conduite de l’opération. Le commandant adjoint, un réserviste présent sur le terrain ce soir-là, a été relevé de ses fonctions. Une enquête judiciaire est en cours, dirigée par le procureur général militaire, et pourrait déboucher sur des poursuites pénales.

Libéré le 29 avril après une période de détention, Al-Nassasrah ne s’est pas encore exprimé publiquement. Selon Al-Khatib, il a été interrogé comme un Palestinien ordinaire et présente des signes de traumatisme psychologique. Des images partagées sur les réseaux sociaux le montrent bouleversé, en pleurs, à son retour à Gaza.

Le Croissant-Rouge palestinien affirme vouloir porter l’affaire devant les instances internationales, notamment le Conseil de sécurité de l’ONU. « Nous pensons que la communauté internationale a la responsabilité de rendre justice aux personnes tuées », a déclaré Al-Khatib, soulignant que les secouristes « ne sont pas formés pour mourir ». Huit des victimes appartenaient à l’organisation, qui œuvre sans relâche pour fournir une assistance médicale dans l’enclave assiégée.

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