Téhéran sollicite Riyad pour relancer des négociations nucléaires au point mort avec Washington
Téhéran sollicite Riyad pour relancer des négociations nucléaires au point mort avec Washington

L’Iran a demandé à l’Arabie saoudite d’intervenir auprès des États-Unis afin de relancer les discussions sur son programme nucléaire, révélant l’inquiétude croissante de Téhéran face au risque d’une nouvelle offensive israélienne et à l’aggravation de sa crise économique. Selon deux sources régionales, le président iranien Massoud Pezeshkian a adressé une lettre au prince héritier Mohammed ben Salmane juste avant sa visite à la Maison Blanche, exprimant la volonté de l’Iran d’éviter toute confrontation et de privilégier la voie diplomatique.

Dans cette lettre, Pezeshkian affirme que son pays ne souhaite pas l’escalade et demeure ouvert à un accord nucléaire, à condition que ses droits soient garantis. Le ministère iranien des Affaires étrangères a présenté le message comme un échange strictement bilatéral, tandis que les autorités saoudiennes n’ont pas commenté. Les deux puissances régionales, longtemps rivales, avaient amorcé un rapprochement en 2023 grâce à une médiation chinoise. Depuis, Riyad est devenu un interlocuteur clé, notamment en raison de son influence grandissante au Moyen-Orient et de ses liens privilégiés avec Washington.

Les négociations nucléaires sont suspendues depuis les frappes israélo-américaines de juin, qui ont visé trois sites nucléaires iraniens. Avant ce conflit, l’Iran et les États-Unis avaient tenu cinq séries de pourparlers sur l’enrichissement d’uranium. Malgré le blocage actuel, les deux pays affirment rester favorables à la diplomatie. Une source du Golfe indique que le prince héritier saoudien a transmis à Donald Trump son souhait de voir émerger une solution pacifique, déclarant publiquement que Riyad ferait « de son mieux » pour faciliter un accord.

L’implication croissante de l’Arabie saoudite dans les dossiers régionaux s’explique également par ses propres ambitions nucléaires. Riyad souhaite développer un programme d’enrichissement d’uranium à usage civil et a signé avec Trump une déclaration en faveur de négociations énergétiques approfondies. Selon des analystes, la désescalade entre Washington et Téhéran est dans l’intérêt direct du royaume, qui cherche à éviter une nouvelle guerre pouvant embraser la région.

Mais les obstacles restent majeurs. Washington exige que l’Iran renonce à son enrichissement d’uranium, limite ses activités balistiques et cesse de soutenir les milices régionales, des conditions que Téhéran rejette fermement. L’Iran accuse par ailleurs les États-Unis de « trahison diplomatique » pour avoir participé aux frappes de juin aux côtés d’Israël. Trump et Benjamin Netanyahu ont averti qu’ils n’hésiteraient pas à frapper à nouveau si l’Iran reprenait l’enrichissement susceptible de conduire à une capacité nucléaire militaire.

À l’intérieur du pays, la pression populaire pousse le pouvoir iranien à revoir sa stratégie. Malgré la ligne dure du guide suprême Ali Khamenei, qui refuse toute négociation sous la menace, l’économie iranienne est frappée par une inflation galopante, une monnaie en chute libre et des pénuries d’énergie et d’eau. Deux hauts responsables iraniens affirment que l’élite dirigeante cherche désormais un moyen de réduire l’isolement économique, redoutant qu’un échec diplomatique n’entraîne une nouvelle confrontation militaire.

La semaine dernière, Kamal Kharrazi, conseiller influent de Khamenei, a appelé Trump à engager des « pourparlers véritables » fondés sur le respect mutuel. Reste à savoir si Riyad parviendra à rouvrir un canal de dialogue durable entre Washington et Téhéran, dans un contexte où la moindre erreur pourrait raviver un conflit régional déjà explosif.

Que retenir rapidement ?

L’Iran a demandé à l’Arabie saoudite d’intervenir auprès des États-Unis afin de relancer les discussions sur son programme nucléaire, révélant l’inquiétude

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