Les forces de sécurité syriennes ont mené fin août une vaste opération d’expulsions dans le quartier populaire d’Al-Somaria, en périphérie de Damas, réduisant sa population de 22 000 à environ 3 000 habitants, selon des responsables locaux.
Lors de ce raid, les agents ont apposé des symboles sur les maisons : un « X » signifiant que les occupants pouvaient rester, et un « O » marquant les habitations promises à la démolition ou à l’évacuation. Les forces étaient lourdement armées, équipées de fusils et même de sabres, selon des témoignages recueillis sur place.
Le quartier, historiquement peuplé d’Alaouites – la communauté dont est issu le président Bachar al-Assad – avait été attribué dans les années 1970 à des familles loyales au régime. Mais au fil des décennies, la pauvreté, le surpeuplement et l’arrivée de déplacés ont transformé Al-Somaria en zone défavorisée.
Les expulsions massives de ces dernières semaines s’inscrivent dans un contexte plus large de restructuration urbaine, que Damas présente comme une campagne de réaménagement. Les habitants dénoncent toutefois une opération brutale, qui les prive de leur logement sans solution alternative.
Cette politique rappelle d’autres épisodes controversés de réorganisations urbaines en Syrie, où la transformation des quartiers populaires est accusée de servir autant des objectifs sécuritaires que fonciers. À Al-Somaria, de nombreux habitants contraints au départ ont rejoint des proches dans d’autres régions, tandis que certains ont quitté le pays.
L’exode massif a profondément bouleversé ce quartier longtemps perçu comme un bastion de la loyauté au régime, laissant derrière lui des rues vidées et des familles déracinées.