La Syrie et Israël relancent des pourparlers de sécurité sous médiation américaine après des mois d’impasse (AP)
La Syrie et Israël relancent des pourparlers de sécurité sous médiation américaine après des mois d’impasse (AP)

Des pourparlers de sécurité entre la Syrie et Israël, menés sous l’égide des États-Unis, ont repris après plusieurs mois d’interruption, a rapporté lundi l’agence officielle syrienne SANA. Selon Damas, ces discussions visent notamment le retrait des forces israéliennes des territoires pris après la chute de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024.

La délégation syrienne est conduite par le ministre des Affaires étrangères Asaad al-Shibani et le chef des services de renseignement Hussein al-Salama, a précisé SANA, citant une source gouvernementale. La reprise des échanges est présentée par Damas comme une tentative de réaffirmer des « droits nationaux non négociables » dans un cadre diplomatique parrainé par Washington.

Les discussions portent sur la relance de l’accord de désengagement de 1974, qui avait instauré une zone tampon sous supervision de l’ONU entre la Syrie et Israël à l’issue de la guerre du Moyen-Orient de 1973. Après la chute d’Assad, les forces israéliennes ont avancé plus profondément au-delà de la frontière, tandis qu’Israël a également mené des opérations qu’il dit destinées à protéger la minorité druze dans le sud-ouest syrien.

Damas réclame un retrait israélien vers les positions antérieures à décembre 2024 et souhaite établir un cadre de sécurité réciproque garantissant sa souveraineté et empêchant toute ingérence. Un responsable syrien a indiqué que le dossier était à l’arrêt depuis octobre, mais qu’un possible changement de dynamique était attendu après une rencontre, le 29 décembre, entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Selon ce responsable, le retrait israélien des territoires conquis après la chute d’Assad constitue une « ligne rouge » pour Damas. « Nous n’allons pas légitimer une présence israélienne en Syrie, ni sur le plateau du Golan », a-t-il affirmé, ajoutant que la Syrie avait été invitée à envisager un retrait progressif des troupes israéliennes dans un cadre négocié.

Lors de précédents cycles de discussions à Paris et à Washington, la Syrie avait plaidé pour un arrangement calqué sur l’accord de 1974, qui avait permis de maintenir un cessez-le-feu durable sans aboutir à une paix formelle. Israël a de son côté indiqué qu’il n’accepterait un accord qu’à des conditions garantissant ses impératifs de sécurité, notamment la démilitarisation de certaines zones du sud-ouest syrien et la protection des communautés minoritaires, sans s’engager publiquement à un retrait complet aux lignes d’avant 2024.

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