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Téhéran hausse le ton. Pour la première fois depuis le début du conflit armé entre Israël et l’Iran, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, s’est exprimé publiquement ce mercredi. Dans une allocution télévisée très attendue, il a lancé une mise en garde explicite aux États-Unis, affirmant que toute intervention militaire américaine entraînerait des « conséquences graves et irréparables ». Une réponse directe aux déclarations de Donald Trump, qui a récemment appelé Téhéran à une « capitulation sans conditions ».

Face à la multiplication des frappes israéliennes, plus de 1 100 cibles touchées en cinq jours selon l’État hébreu, Khamenei accuse l’État hébreu d’avoir franchi une ligne rouge. « Israël a commis une grave erreur, elle en paiera le prix », a-t-il martelé, promettant des représailles pour ce qu’il qualifie d’« agression sanglante contre notre territoire et nos martyrs ». L’ayatollah a insisté : « Nous n’oublierons pas. »

Mais c’est surtout à Washington que s’adressaient les paroles les plus dures du chef iranien. Il a dénoncé une tentative américaine d’imposer sa volonté à l’Iran, avertissant que « la nation iranienne ne se rendra à personne, ni sous la pression de la guerre, ni sous celle d’une paix imposée ». Et d’ajouter : « Ceux qui connaissent l’histoire de l’Iran savent que ce peuple ne plie pas face aux menaces. »

Dans un climat d’escalade régionale, Khamenei a également tenté de renforcer la légitimité internationale de son pays. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei, a affirmé que l’Iran « ne faisait plus confiance à Washington », tout en soulignant que « la diplomatie ne s’arrête jamais ». Téhéran a ainsi fait appel au Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il condamne les frappes israéliennes, avec l’appui affirmé de la Russie. Moscou, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, a mis en garde contre une éventuelle aide militaire américaine à Israël, qu’elle juge déstabilisatrice pour l’ensemble du Moyen-Orient.

De son côté, le Qatar appelle à la désescalade et presse Washington de pousser Israël vers un cessez-le-feu et la reprise des négociations sur le nucléaire. Pour l’heure, aucun signe d’apaisement n’est visible sur le terrain. Les avions israéliens poursuivent leurs bombardements « en toute liberté » selon Tsahal, tandis que Téhéran, blessé et défié, semble prêt à tout pour riposter.

Dans cette épreuve de force où l’escalade semble désormais inévitable, le message du guide suprême est clair : l’Iran ne reculera pas.

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