Le manifestant iranien Erfan Soltani, devenu l’un des visages de la mobilisation contre le pouvoir, a été libéré sous caution, a annoncé dimanche son avocat. Âgé de 26 ans, il avait été arrêté le 10 janvier au plus fort des manifestations, dans un pays alors largement coupé du monde, privé d’Internet et marqué par une répression menée à huis clos, selon plusieurs organisations de défense des droits humains.
Accusé de « propagande contre le système islamique » et d’atteinte à la sécurité nationale, Erfan Soltani avait suscité une vive inquiétude à l’international : des ONG et les États-Unis avaient évoqué un risque d’exécution, ce que Téhéran avait démenti. Selon son avocat, une caution équivalente à environ 10 600 euros a permis sa remise en liberté.
Bilan humain contesté, climat politique explosif
Cette annonce intervient dans un contexte de tension extrême. Pour la première fois depuis deux semaines, le guide suprême Ali Khamenei s’est exprimé publiquement, avertissant que toute attaque américaine déclencherait, selon lui, « une guerre régionale ». Il a également accusé les protestataires d’avoir mené une tentative de « coup d’État », en citant des attaques contre des forces de l’ordre, des bâtiments officiels ou encore des lieux religieux.
Les chiffres de la répression restent au cœur d’une bataille de récits. L’ONG HRANA affirme avoir recensé plus de 42 000 arrestations et confirmé 6 713 morts, majoritairement des manifestants, tout en évoquant plus de 17 000 décès en cours d’examen. Les autorités, elles, reconnaissent des milliers de morts mais soutiennent que la majorité seraient des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes ».
Sur le plan diplomatique, un frémissement est perceptible. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a estimé possible une reprise des discussions sur le nucléaire via des médiations régionales, à condition que Washington vise un accord « juste et équitable ». Donald Trump a, de son côté, affirmé que des échanges avaient lieu, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans le Golfe et que l’Iran dit être en « alerte maximale ». En parallèle, l’Union européenne a inscrit les gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes, provoquant une riposte immédiate du Parlement iranien.