Une frappe aérienne israélienne menée dimanche sur la banlieue sud de Beyrouth a causé la mort d’au moins cinq personnes et en a blessé 28, selon les chiffres communiqués par le ministère libanais de la Santé. L’opération, confirmée par l’armée israélienne, visait Haitham Ali Tabataba, également orthographié Tabatabai, présenté par Israël comme le « chef d’état-major » du Hezbollah. Le mouvement chiite a officialisé son décès dans un communiqué publié en soirée.
L’armée israélienne affirme avoir « éliminé le terroriste Haitham Ali Tabataba«
Dans son communiqué, l’armée israélienne affirme avoir « éliminé le terroriste Haitham Ali Tabatabai, chef d’état-major du Hezbollah », présenté comme un « agent clé » du mouvement soutenu par l’Iran. Selon les informations du département d’État américain, Tabataba avait dirigé plusieurs opérations extérieures du Hezbollah, notamment en Syrie et au Yémen, avant de gravir les échelons pendant la période de conflit précédant le cessez-le-feu de novembre 2024.
Le chef de l’état-major israélien, Eyal Zamir, a déclaré que cette frappe visait à empêcher le Hezbollah « de renforcer encore ses capacités » et à cibler « ceux qui cherchent à s’en prendre à Israël ». Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé que l’attaque avait été ordonnée sur recommandation du ministre de la Défense et du haut commandement militaire.
Le Hezbollah confirme
Le Hezbollah libanais a confirmé la mort de Haitham Ali Tabatabai, qualifié dans son communiqué de « grand dirigeant », tout en dénonçant une « agression israélienne » contre une zone considérée comme l’un de ses bastions. Avant l’annonce officielle, Mahmoud Qomati, haut responsable du mouvement, avait déclaré sur les lieux de la frappe qu’« une personnalité de la résistance » avait été visée. Il accusait alors Israël d’avoir « franchi une nouvelle ligne rouge ».
L’explosion a touché les troisième et quatrième étages d’un immeuble résidentiel de neuf étages, dans une zone densément peuplée où les ambulances ont afflué peu après l’attaque. L’agence nationale libanaise a fait état de « blessés et de dégâts importants ».
Joseph Aoun condamne les opérations militaires israéliennes
Le président libanais Joseph Aoun a appelé la communauté internationale à « intervenir avec force » pour mettre fin aux opérations militaires israéliennes. Dans un communiqué relayé par les médias d’État, il estime qu’« il revient à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités » face à ce qu’il décrit comme une escalade contre le Liban.
Il s’agit de la première frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth depuis le 5 juin et de la cinquième depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu fin novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Le Premier ministre israélien avait déclaré plus tôt dans la journée que son pays ferait « tout ce qui est nécessaire » pour empêcher un renforcement du Hezbollah au Liban ou du Hamas dans la bande de Gaza, assurant que les forces israéliennes continuaient « à frapper le terrorisme sur plusieurs fronts ».
Depuis plusieurs semaines, l’armée israélienne multiplie les frappes dans le sud du Liban, affirmant viser des dépôts d’armes ou des infrastructures militaires du Hezbollah. De leur côté, les autorités libanaises dénoncent régulièrement des violations du cessez-le-feu, pointant notamment la présence israélienne sur cinq positions stratégiques au sud du pays, une situation déjà documentée par la FINUL et largement évoquée dans les rapports de l’ONU au cours de l’année 2024.