Israël et l’Iran ont franchi un nouveau seuil dans leur confrontation en multipliant les attaques mutuelles au cours de la nuit de samedi à dimanche, marquant une escalade préoccupante dans une crise régionale déjà sous tension. Une frappe israélienne a notamment visé le champ gazier de South Pars, le plus grand du monde, provoquant un incendie et une suspension partielle de sa production. En réponse, Téhéran a annulé les négociations nucléaires prévues à Oman et a lancé une série de missiles vers Israël, faisant plusieurs morts et blessés.
Les sirènes d’alerte ont retenti dans les principales villes israéliennes, notamment Jérusalem et Tel-Aviv, où des explosions ont secoué la nuit. Des missiles iraniens ont été interceptés, mais plusieurs ont atteint leurs cibles. À Tamra, dans le nord du pays, trois femmes ont été tuées et dix autres personnes blessées par une frappe sur une habitation. L’armée israélienne a confirmé qu’elle avait lancé des frappes contre des cibles militaires en Iran, y compris des installations proches du ministère de la Défense à Téhéran.
Téhéran a confirmé que plusieurs de ses infrastructures énergétiques, dont un dépôt pétrolier à Shahran et une raffinerie près de la capitale, avaient été touchées. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué des attaques contre des sites israéliens de production de kérosène, avertissant que de futures frappes seraient « plus lourdes et plus étendues » si Israël poursuivait ses actions.
Le président américain Donald Trump a réagi en menaçant l’Iran de représailles plus sévères, tout en laissant la porte ouverte à une désescalade si Téhéran acceptait de réduire significativement son programme nucléaire. Mais la décision de l’Iran d’annuler les négociations à Oman a réduit les espoirs d’un apaisement rapide. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que son pays ne pouvait négocier « sous les bombardements barbares ».
Les conséquences humaines s’alourdissent : selon l’Iran, 78 personnes ont été tuées dès le premier jour des frappes israéliennes, et des dizaines d’autres ont péri par la suite, dont 60 dans l’effondrement d’un immeuble de 14 étages à Téhéran. Israël déplore également plusieurs morts, causées par les tirs de représailles iraniens. La tension est montée d’un cran lorsque l’Iran a évoqué la possibilité de fermer le détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le transport du pétrole, ce qui a déjà provoqué une hausse de 9 % des prix du brut.
L’ONG israélienne B’Tselem a critiqué la stratégie du gouvernement Netanyahu, accusé de ne pas avoir épuisé les voies diplomatiques avant d’engager une guerre aux conséquences régionales potentiellement catastrophiques. Le Premier ministre israélien a de son côté exhorté les Iraniens à se révolter contre leurs dirigeants religieux, affirmant que ce qu’ils avaient vu jusque-là n’était qu’un début. Tandis que les options militaires de l’Iran sont limitées par l’affaiblissement de ses alliés régionaux, les perspectives d’une désescalade s’amenuisent à mesure que les frappes s’intensifient.