Des pirates ont pris d’assaut jeudi un pétrolier battant pavillon maltais au large des côtes somaliennes, dans l’un des incidents de piraterie les plus graves depuis plus d’un an. L’équipage du navire, le Hellas Aphrodite, a réussi à se réfugier dans une salle sécurisée fortifiée, appelée « citadelle », et conserve le contrôle du bâtiment, ont indiqué des sources de sécurité maritime.
Le pétrolier, géré par la société grecque Latsco Marine Management, transportait de l’essence depuis l’Inde à destination de l’Afrique du Sud lorsqu’il a été pris pour cible. Selon la société de sécurité maritime Ambrey, les assaillants, à bord d’une embarcation légère, ont ouvert le feu et tiré une roquette sur le navire. Aucun blessé n’a été signalé parmi les 24 membres d’équipage, composés de marins monténégrins, grecs et philippins.
Une force navale européenne, déployée dans la région, a confirmé qu’un de ses navires se trouvait à proximité et se tenait prêt à intervenir. Un avion japonais a également effectué une mission de reconnaissance au-dessus de la zone, sans détecter de mouvement suspect. Latsco Marine Management a activé son équipe d’urgence et coopère avec les autorités maritimes pour garantir la sécurité de l’équipage.
Cet incident marque la plus grave attaque de pirates au large de la Somalie depuis mai 2024, lorsque le navire Basilisk, battant pavillon libérien, avait été brièvement capturé avant une opération de sauvetage des forces navales de l’Union européenne. Plusieurs sources de sécurité maritime ont également signalé que des pirates somaliens avaient récemment pris le contrôle d’un navire de pêche iranien pour l’utiliser comme base flottante lors de futures attaques.
La recrudescence de ces actes de piraterie soulève des inquiétudes sur la sécurité du golfe d’Aden, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial et le transport de ressources énergétiques. Les attaques interviennent dans un contexte régional instable, marqué par l’activité croissante des milices houthies du Yémen, soutenues par l’Iran, qui ont mené plusieurs attaques contre des navires commerciaux depuis 2023.
Bien que les Houthis aient récemment accepté une trêve concernant les navires liés aux États-Unis, de nombreuses compagnies maritimes demeurent prudentes et évitent encore de naviguer dans ces eaux stratégiques. L’incident du Hellas Aphrodite illustre la persistance des menaces pesant sur la navigation internationale dans une région où la piraterie, après des années d’accalmie, semble reprendre de l’ampleur.