JÉRUSALEM — L’armée israélienne s’apprête à démolir plus de 100 habitations dans deux camps de réfugiés urbains du nord de la Cisjordanie occupée, selon le gouverneur de la région de Tulkarem et des documents militaires israéliens partagés avec l’Associated Press par les Nations unies.
Abdallah Kamil, gouverneur de Tulkarem, a annoncé jeudi sur Facebook que l’armée israélienne prévoyait de raser 116 maisons situées dans les camps de Tulkarem et de Nur Shams, cibles principales d’une vaste opération militaire en cours dans le nord de la Cisjordanie. Cette campagne militaire, menée depuis plusieurs mois, a déjà déplacé jusqu’à 40 000 Palestiniens à son pic, selon les estimations des Nations unies.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a affirmé que ces démolitions s’inscrivaient dans le cadre de « modifications visant à améliorer la mobilité des soldats » et à « empêcher les activités militantes ». Elle a ajouté avoir tenté de limiter le nombre de bâtiments concernés et a invité les habitants à « contacter les autorités pour organiser l’évacuation de leurs biens ».
D’après deux ordres de démolition examinés par l’AP, les bâtiments visés doivent être détruits sous 24 heures. Des documents militaires transmis par un responsable onusien — sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du dossier — confirment ces délais.
La nouvelle a incité de nombreux résidents des camps déjà évacués de Nur Shams et de Tulkarem à revenir en urgence pour récupérer ce qu’ils pouvaient de leurs effets personnels. L’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, a rapporté que des tirs de sommation et des arrestations par les forces israéliennes ont été signalés lors de ces tentatives.
Ces deux camps accueillent principalement les descendants de Palestiniens déplacés ou expulsés lors des conflits précédents, notamment celui de 1948. Selon l’armée israélienne, certaines troupes devraient rester stationnées dans ces zones pour une durée d’un an. Il s’agirait du plus important déplacement de population en Cisjordanie depuis l’occupation du territoire par Israël en 1967.