La Turquie a déclaré jeudi être disposée à aider la Syrie si Damas en faisait la demande, après de violents affrontements survenus ces derniers jours à Alep entre l’armée syrienne et des combattants kurdes. Ces combats ont ravivé les inquiétudes quant à une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays.
Selon le ministère turc de la Défense, l’opération menée à Alep était « entièrement conduite par l’armée syrienne », Ankara insistant sur le fait qu’elle n’y avait pris aucune part directe. Cette précision vise à dissiper toute ambiguïté sur une éventuelle implication turque dans une zone déjà marquée par des équilibres militaires fragiles.
Les affrontements, survenus mardi et mercredi, ont fait au moins quatre morts et provoqué le déplacement de milliers de civils contraints de fuir leurs habitations. Les combats ont opposé les forces gouvernementales syriennes aux combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes, un acteur clé dans le nord de la Syrie. Des tentatives diplomatiques seraient en cours, Washington cherchant notamment à apaiser les tensions.
Ankara demeure le principal soutien étranger de l’administration intérimaire de Damas et maintient une présence militaire significative dans le nord syrien. « Si la Syrie demande de l’aide, la Turquie lui apportera le soutien nécessaire », a déclaré le ministère turc de la Défense, sans préciser la nature exacte de cette assistance.
La Turquie considère les combattants kurdes comme des organisations terroristes et a à plusieurs reprises menacé de lancer une opération militaire s’ils ne s’intègrent pas aux structures du pouvoir central syrien. Les violences récentes et les accusations réciproques témoignent, selon plusieurs observateurs, d’un blocage croissant entre Damas et les autorités kurdes, susceptible de dégénérer davantage.
Le président du Parlement turc, Numan Kurtulmus, a souligné la fragilité extrême de la situation. « Nous suivons l’évolution de la Syrie heure par heure. Nous sommes prêts à apporter tout type de soutien pour mettre fin immédiatement aux affrontements à Alep et instaurer la paix et la stabilité », a-t-il déclaré à Ankara, appelant à une désescalade rapide dans une région déjà éprouvée par des années de conflit.