Washington veut durcir les restrictions sur les puces chinoises : les Pays-Bas montent au créneau
Washington veut durcir les restrictions sur les puces chinoises : les Pays-Bas montent au créneau

Les tensions entre les États-Unis et leurs alliés sur la question des exportations de technologies vers la Chine se sont intensifiées. Un haut responsable néerlandais a récemment rencontré des responsables américains à Washington pour faire part de ses préoccupations concernant un projet de loi qui pourrait obliger les partenaires des États-Unis, dont les Pays-Bas, à appliquer des restrictions plus strictes sur les exportations liées à l’industrie des semi-conducteurs.

Au cœur du débat se trouve le « Match Act », un texte bipartisan présenté au Congrès américain en avril. Ce projet vise à compliquer davantage l’accès de la Chine aux technologies nécessaires à la production de puces destinées à l’intelligence artificielle. Il prévoit notamment des mécanismes permettant à Washington d’inciter, voire de contraindre, ses alliés à adopter des contrôles similaires sur les exportations de matériel sensible.

Le ministre néerlandais du Commerce, Sjoerd Sjoerdsma, a expliqué que son pays partageait les préoccupations américaines concernant la sécurité technologique et la nécessité d’empêcher que des technologies avancées ne tombent entre de mauvaises mains. Toutefois, il a averti que certaines dispositions du projet de loi pourraient être perçues comme une ingérence dans les décisions relevant de la souveraineté nationale des alliés des États-Unis.

Selon lui, la coopération étroite qui existe actuellement entre Washington et ses partenaires risque d’être fragilisée si elle se transforme en une relation imposée par la contrainte. Les Pays-Bas estiment que les décisions touchant à leur sécurité nationale et à leurs entreprises doivent continuer à être prises conjointement plutôt qu’unilatéralement.

Le sujet est particulièrement sensible en raison du rôle stratégique de ASML, le géant néerlandais des équipements de fabrication de semi-conducteurs. Les États-Unis et les Pays-Bas ont déjà coopéré pour empêcher la vente à la Chine des machines les plus avancées utilisées dans la fabrication de puces d’intelligence artificielle. Des divergences subsistent toutefois concernant certains équipements moins sophistiqués que l’entreprise continue de fournir ou d’entretenir pour des clients chinois.

Parallèlement, les Pays-Bas ont officialisé leur participation à Pax Silica, une initiative menée par les États-Unis visant à coordonner les chaînes d’approvisionnement liées à l’intelligence artificielle entre pays alliés. Cette alliance regroupe déjà plusieurs partenaires stratégiques, dont la Corée du Sud et le Japon, tandis que Taïwan soutient le projet sans en être officiellement membre.

Pour Washington, l’objectif est de limiter les capacités technologiques de Pékin dans des secteurs jugés essentiels à la sécurité nationale. Pour les Pays-Bas, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre coopération avec leurs alliés et préservation de leur autonomie décisionnelle. Cette divergence illustre les défis croissants auxquels sont confrontés les partenaires occidentaux alors que la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine continue de s’intensifier.

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