Vol MH370 : 11 ans après sa disparition, les recherches reprennent ce mardi dans l’océan Indien. (AP)
Vol MH370 : 11 ans après sa disparition, les recherches reprennent ce mardi dans l’océan Indien. (AP)

Plus de 11 ans après la disparition inexpliquée du vol MH370 de la Malaysia Airlines, les recherches pour retrouver l’épave de l’appareil reprennent officiellement ce mardi. L’annonce a été confirmée par les autorités malaisiennes, qui ont donné leur feu vert à une nouvelle campagne d’exploration maritime dans le sud de l’océan Indien. Le Boeing 777 assurait la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin lorsqu’il a disparu des radars le 8 mars 2014, avec 239 personnes à bord.

La relance des opérations a lieu après plusieurs années d’analyses supplémentaires des données satellites et des courants océaniques. Selon les autorités, ces travaux ont permis d’identifier une zone plus restreinte et jugée prioritaire, située le long du « septième arc », correspondant aux derniers échanges automatiques entre l’avion et un satellite.

Une zone de recherche recentrée et des moyens technologiques renforcés

La nouvelle phase de recherches portera sur une surface estimée à environ 15 000 kilomètres carrés, dans une zone considérée comme présentant la plus forte probabilité de localisation de l’épave. Le ministère malaisien des Transports a précisé que les opérations seraient confiées à la société spécialisée Ocean Infinity, déjà impliquée lors de précédentes tentatives.

Les autorités expliquent que cette reprise s’appuie sur « une zone ciblée jugée comme présentant la plus forte probabilité de localisation de l’avion ». Pour mener à bien cette mission, l’entreprise utilisera des véhicules sous-marins autonomes capables d’explorer des fonds marins allant jusqu’à 6 000 mètres de profondeur, dans des conditions extrêmes.

Le cadre financier de l’opération repose une nouvelle fois sur un accord dit « no find, no fee ». En clair, la Malaisie ne versera la somme prévue, estimée à 70 millions de dollars, qu’en cas de découverte significative de l’épave.

Un dossier marqué par des échecs successifs

Depuis 2014, le MH370 a fait l’objet de l’une des opérations de recherche les plus vastes et les plus coûteuses de l’histoire de l’aviation civile. Entre 2014 et 2017, une mission internationale pilotée notamment par l’Australie avait exploré plus de 120 000 kilomètres carrés de fonds marins, sans parvenir à localiser l’avion. Une tentative menée par Ocean Infinity en 2018 n’avait pas davantage permis d’aboutir.

Plus récemment, une campagne avait été interrompue au printemps 2025 en raison de conditions météorologiques défavorables. Malgré ces échecs, les autorités malaisiennes estiment que les progrès technologiques et l’affinement des analyses justifient une nouvelle tentative.

Un rapport officiel rendu public en 2018 avait mis en évidence des incohérences dans la trajectoire du vol, évoquant une modification volontaire du plan de vol, sans toutefois établir de conclusion définitive sur les causes exactes de la disparition.

L’attente persistante des familles des victimes

Pour les proches des passagers et des membres d’équipage, cette reprise des recherches ravive l’espoir d’obtenir enfin des réponses. Plusieurs familles ont salué la décision des autorités, estimant que toute nouvelle tentative est essentielle pour faire la lumière sur ce drame qui reste, plus d’une décennie plus tard, sans explication formelle.

À ce jour, une trentaine de débris attribués avec un haut degré de certitude au Boeing 777 ont été retrouvés sur différentes côtes de l’océan Indien, mais l’épave principale n’a jamais été localisée. Les boîtes noires, qui pourraient permettre de comprendre les dernières minutes du vol, demeurent introuvables.

Un mystère toujours entier

Avec cette nouvelle campagne lancée onze ans après les faits, les autorités malaisiennes et les experts espèrent clore l’un des plus grands mystères de l’aviation moderne. Si aucune certitude n’existe quant à l’issue de ces recherches, cette reprise marque une étape supplémentaire dans la volonté affichée de ne pas abandonner le dossier du MH370.

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