La cheffe de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado a affirmé vendredi croire à une transition « ordonnée » vers des élections libres au Venezuela, tout en avertissant que le processus serait long et semé d’obstacles. Elle s’exprimait à Washington au lendemain d’une rencontre avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche.
Machado, figure de proue de l’opposition au régime déchu de Nicolás Maduro, a dit rester convaincue que ce qu’elle qualifie de « structure criminelle » au pouvoir finirait par être démantelée, ouvrant la voie à un scrutin crédible. Elle n’a toutefois pas précisé les modalités ni le calendrier d’une telle transition, soulignant la « complexité » du contexte politique et institutionnel.
Si elle a publiquement salué Trump et évité toute critique frontale de sa stratégie au Venezuela, Machado n’a pas dissipé les interrogations sur le rôle réel que l’opposition pourrait jouer à court terme. Depuis la chute de Maduro début janvier, l’administration américaine a surtout mis l’accent sur la stabilité et l’accès aux importantes ressources pétrolières du pays, au détriment, selon certains observateurs, d’une pression immédiate pour un retour rapide à la démocratie.
Washington a, dans ce cadre, noué des contacts avec les nouvelles autorités de transition, menées par Delcy Rodríguez, ancienne vice-présidente. La visite à Caracas du directeur de la CIA John Ratcliffe, au même moment que le déplacement de Machado aux États-Unis, a illustré la volonté américaine de maintenir des canaux ouverts avec le pouvoir en place.
Machado, qui a été empêchée de se présenter à la présidentielle de 2024 et contrainte de fuir le pays fin 2025, affirme néanmoins que l’opposition reste impliquée dans le processus en cours. De nombreux observateurs internationaux estiment que le candidat soutenu par l’opposition, Edmundo González, avait remporté le scrutin de 2024, mais cette victoire n’a jamais été reconnue par les institutions contrôlées par les alliés de Maduro.
Dans un pays toujours marqué par la détention de centaines de prisonniers politiques, Machado a insisté sur la nécessité de garder le cap sur des élections libres, tout en reconnaissant que « certaines phases » de la transition pourraient ne pas correspondre aux attentes de l’opposition. « Le plus important, a-t-elle conclu, est de ne pas perdre de vue l’objectif final : rendre la parole aux Vénézuéliens. »