Venezuela : des seniors isolés retrouvent le goût de vivre sur la piste de danse
Venezuela : des seniors isolés retrouvent le goût de vivre sur la piste de danse

CARACAS – Tous les jeudis, dans un centre commercial de la capitale vénézuélienne, la musique se fait entendre et les pas s’enchaînent dans une ambiance festive. Ce n’est pas une salle de bal traditionnelle, mais le cœur battant du Club Tobias, un espace devenu essentiel pour de nombreux Vénézuéliens âgés confrontés à la solitude.

Fondé pour répondre à l’isolement croissant des personnes âgées, le Club Tobias accueille des seniors de plus de 60 ans, souvent laissés seuls par l’exode massif de leurs enfants et petits-enfants partis à l’étranger. Le Venezuela, en proie à une crise économique prolongée, a vu des millions de ses citoyens émigrer ces dernières années, bouleversant la structure familiale de nombreux foyers.

Angela Graterol, 93 ans, est l’une des figures familières du club. Trois de ses six enfants vivent aujourd’hui hors du pays. Sur les conseils de l’un d’eux, elle a rejoint les rassemblements hebdomadaires. « Danser chaque jeudi m’a redonné vie », confie-t-elle, souriante après une salsa. Pour elle comme pour d’autres, cette activité est bien plus qu’un simple divertissement : c’est un remède contre l’isolement.

Le club ne se limite pas à la danse. Il propose également des ateliers de chant, des discussions en groupe et des jeux de mémoire, visant à stimuler autant le corps que l’esprit. Le tout est encadré par des bénévoles et des professionnels du secteur social, sensibles aux défis liés au vieillissement dans un pays où les ressources pour les personnes âgées sont limitées.

Avec la diminution du soutien familial traditionnel, ces initiatives communautaires deviennent cruciales. Pour de nombreux participants, le Club Tobias est désormais leur principale source de lien social, d’activité physique, et parfois même de raison de se lever le matin.

Dans un pays souvent associé à des images de crise, le Club Tobias offre un rare éclat d’espoir, de chaleur humaine et de résilience. Pour ces aînés qui dansent chaque semaine, la piste est bien plus qu’un lieu de fête : c’est un espace où l’on se sent à nouveau vivant.

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