Un juge américain suspend l’expulsion de milliers de migrants birmans et prolonge leur protection temporaire
Un juge américain suspend l’expulsion de milliers de migrants birmans et prolonge leur protection temporaire

Un juge fédéral américain a ordonné le maintien provisoire du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants du Myanmar vivant aux États-Unis, empêchant l’administration du président Donald Trump de mettre fin à ces protections contre l’expulsion tant qu’une action en justice est en cours. Cette décision concerne environ 4 000 migrants birmans.

Dans une ordonnance rendue à Chicago, le juge Matthew Kennelly a estimé que la décision de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, de supprimer le TPS pour les ressortissants du Myanmar était insuffisamment fondée. Il a ainsi reporté l’entrée en vigueur de cette mesure, initialement prévue pour lundi, et fixé une audience au 6 février afin d’examiner le dossier plus en détail.

L’administration Trump avait annoncé en novembre la fin du statut légal temporaire accordé aux citoyens du Myanmar, affirmant que la situation dans ce pays d’Asie du Sud-Est permettait désormais leur retour en sécurité. Washington avait notamment invoqué l’organisation d’élections par la junte militaire au pouvoir comme un signe d’amélioration.

Cette analyse est toutefois largement contestée par les Nations unies, de nombreux pays occidentaux et des organisations de défense des droits humains, qui qualifient ces élections de mascarade. Le dernier rapport du département d’État américain fait état de graves violations des droits humains au Myanmar, plongé dans une instabilité profonde depuis le coup d’État militaire de 2021.

Dans sa décision, le juge Kennelly a écrit ne trouver « aucun fondement véritable » justifiant la fin du TPS pour les migrants birmans. Il a estimé qu’il était plus plausible que cette mesure s’inscrive dans un objectif plus large de restriction de l’immigration et de remise en cause générale du programme de protection temporaire, plutôt que dans une évaluation objective de la situation en Birmanie.

La suppression annoncée du TPS avait suscité une vive inquiétude parmi les personnes concernées, qui redoutent d’être renvoyées dans un pays marqué par des violences politiques et un conflit armé persistant. Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Donald Trump a durci la politique migratoire américaine, lançant notamment une vaste campagne d’expulsions critiquée par les défenseurs des droits humains.

Plusieurs recours judiciaires ont été engagés pour contester la volonté de l’administration de restreindre les protections offertes par le statut de protection temporaire. Ce dispositif, prévu par la loi fédérale, permet aux ressortissants de pays frappés par des conflits, des catastrophes naturelles ou des crises majeures de bénéficier d’un droit au séjour provisoire et d’une autorisation de travail aux États-Unis.

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