Un groupe de hackers russes infiltre la police néerlandaise et l’OTAN, selon les services de renseignement
Un groupe de hackers russes infiltre la police néerlandaise et l’OTAN, selon les services de renseignement

AMSTERDAM, 27 mai — Un groupe de cyberespionnage soutenu par la Russie est accusé d’avoir mené des attaques informatiques ciblées contre la police néerlandaise, l’OTAN et plusieurs gouvernements européens, ont révélé mardi les services de renseignement des Pays-Bas. L’opération, jugée sophistiquée et stratégique, s’inscrit dans une campagne plus large visant à contourner les sanctions occidentales et à récolter des informations militaires sensibles.

Baptisé « Laundry Bear » par les autorités néerlandaises, ce groupe était jusqu’à récemment inconnu des agences de cybersécurité occidentales. Dans une lettre conjointe adressée au Parlement, l’Agence générale de renseignement (AIVD) et l’Agence militaire de renseignement et de sécurité (MIVD) ont déclaré que les actions du groupe s’inscrivaient dans une offensive coordonnée par l’État russe.

Selon le rapport, Laundry Bear a été découvert en septembre 2024, alors qu’il venait de pénétrer les systèmes informatiques de la police néerlandaise, obtenant un accès à des informations confidentielles concernant des responsables. L’enquête a révélé que le groupe menait également des opérations contre des pays membres de l’OTAN et des entreprises technologiques stratégiques, en particulier dans les secteurs de la défense.

L’objectif principal semblait être l’obtention de renseignements sur la production et l’acquisition d’équipements militaires occidentaux, ainsi que sur les livraisons d’armes à l’Ukraine, dans le contexte de la guerre engagée par Moscou depuis 2022. L’accès à ce type d’information pourrait permettre à la Russie d’anticiper ou de contrer les aides militaires occidentales à Kiev.

Les services néerlandais soulignent que cette opération fait partie d’une menace cybernétique plus vaste et persistante. Laundry Bear aurait mené des intrusions depuis au moins le début de l’année 2024, opérant avec une discrétion telle qu’il est resté invisible pendant plusieurs mois.

Cette révélation intervient alors que les gouvernements occidentaux renforcent leur vigilance face à l’activisme numérique croissant de Moscou, notamment dans les domaines du renseignement, de la désinformation et du sabotage numérique. Les Pays-Bas, en particulier, figurent depuis plusieurs années parmi les cibles prioritaires des cyberopérations russes, en raison de leur rôle au sein de l’OTAN et de l’UE.

Aucune réponse officielle n’a été apportée à ce stade par la Russie, qui nie systématiquement toute implication étatique dans des actes de piratage. Les Pays-Bas, quant à eux, appellent à un renforcement de la coopération internationale en matière de cybersécurité.

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