Trump menace de recourir à l’armée face aux manifestations anti-ICE au Minnesota
Trump menace de recourir à l’armée face aux manifestations anti-ICE au Minnesota

Le président américain Donald Trump a menacé jeudi d’invoquer la loi sur l’insurrection afin de déployer des forces militaires dans le Minnesota, après plusieurs jours de manifestations contre le renforcement spectaculaire des opérations de la police de l’immigration à Minneapolis.

Ces tensions font suite à la mort par balle de Renee Nicole Good, une citoyenne américaine, abattue il y a plus d’une semaine lors d’une intervention d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). La situation s’est encore aggravée après qu’un agent fédéral a tiré sur un ressortissant vénézuélien, qui, selon les autorités, tentait de fuir lors d’un contrôle routier.

Sur les réseaux sociaux, Trump a accusé les responsables démocrates du Minnesota de ne pas maintenir l’ordre. Il a déclaré qu’il pourrait activer la loi sur l’insurrection si les autorités locales ne mettaient pas fin aux violences visant, selon lui, les agents fédéraux « qui ne font que leur travail ». Le président multiplie depuis plusieurs semaines les critiques à l’encontre des dirigeants de l’État, ainsi que de la communauté somalienne locale, propos qui ont suscité de vives réactions.

Près de 3 000 agents fédéraux ont déjà été déployés dans la région de Minneapolis. Des témoins et journalistes ont rapporté des patrouilles d’agents lourdement armés, parfois en tenue de type militaire, dans plusieurs quartiers de la ville. Des manifestants dénoncent des arrestations arbitraires, des contrôles d’identité ciblant des citoyens américains noirs ou latinos, ainsi que l’usage de gaz lacrymogènes et de balles de poivre.

Le département américain de la Sécurité intérieure a affirmé que l’agent impliqué dans la dernière fusillade avait agi en légitime défense, après avoir été attaqué avec une pelle à neige et un manche à balai par des personnes intervenant dans l’altercation. Selon le DHS, l’homme blessé avait été autorisé à entrer aux États-Unis en 2022 dans le cadre d’un programme humanitaire mis en place sous l’administration précédente.

La menace d’un recours à la loi sur l’insurrection, utilisée à une trentaine de reprises dans l’histoire des États-Unis, ravive le débat sur les limites du pouvoir présidentiel et sur la réponse fédérale aux mouvements de protestation liés à la politique migratoire.

Partager