Trump envisage des frappes ciblées contre l’Iran pour tenter de relancer la contestation (AP)
Trump envisage des frappes ciblées contre l’Iran pour tenter de relancer la contestation (AP)

Selon plusieurs sources proches des discussions à Washington, Donald Trump étudie différentes options contre l’Iran, allant de frappes ciblées contre des responsables et forces de sécurité à des actions militaires plus larges. L’objectif évoqué par des sources américaines serait de créer les conditions d’un changement politique après la répression sanglante qui a étouffé un mouvement de protestation national en début de mois.

D’après ces sources, des conseillers du président américain ont examiné des scénarios visant des commandants et des institutions tenus pour responsables des violences, afin d’encourager les manifestants à reprendre l’initiative. D’autres options incluraient des frappes plus importantes, susceptibles d’avoir un effet durable, notamment contre des capacités balistiques ou des éléments du programme nucléaire iranien. Aucune décision définitive n’aurait toutefois été arrêtée à ce stade.

Le renforcement du dispositif militaire américain au Moyen-Orient, avec l’arrivée récente d’un porte-avions et de bâtiments d’escorte, accroît la capacité d’action de Washington. Mais des responsables arabes et occidentaux expriment des doutes sur l’efficacité d’une telle stratégie, estimant que des frappes aériennes pourraient, au contraire, affaiblir davantage une contestation déjà éprouvée par la répression.

Des responsables israéliens partagent ce scepticisme. Selon l’un d’eux, même des frappes ciblées ne suffiraient pas à renverser la République islamique sans défections militaires d’ampleur ou sans une opposition intérieure structurée. Il souligne que le pouvoir resterait intact tant que le guide suprême, Ali Khamenei, conserverait l’autorité finale sur les questions stratégiques.

À 86 ans, Khamenei apparaît toutefois moins visible. La gestion quotidienne du pays serait de plus en plus assurée par des figures proches du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui contrôle l’appareil sécuritaire et une part importante de l’économie. Des analystes estiment que toute transition perçue comme imposée de l’extérieur risquerait de renforcer encore ce corps d’élite plutôt que de l’affaiblir.

Côté iranien, des responsables affirment se préparer à une éventuelle confrontation militaire tout en privilégiant la voie diplomatique. Téhéran réitère que son programme nucléaire est de nature civile et se dit ouvert à des discussions fondées sur le respect mutuel, tout en avertissant qu’il se défendrait vigoureusement en cas d’attaque.

Dans la région, de nombreux États redoutent une escalade incontrôlée. Les pays du Golfe craignent d’être les premières cibles de représailles, notamment par des missiles ou des attaques de drones. Plusieurs capitales arabes ont ainsi exhorté Washington à éviter toute frappe, redoutant qu’une déstabilisation de l’Iran ne provoque une crise régionale majeure, avec des conséquences sur la sécurité, les flux énergétiques et les mouvements de populations.

Des diplomates occidentaux mettent enfin en garde contre le risque d’un effondrement progressif plutôt qu’un basculement rapide, évoquant un scénario de fragmentation interne susceptible de plonger le pays dans une instabilité durable, aux répercussions bien au-delà des frontières iraniennes.

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