Le juge de la Cour suprême du Brésil, Alexandre de Moraes, s’est dit confiant dans la levée prochaine des sanctions américaines qui le visent, malgré une crise diplomatique grandissante entre Brasilia et Washington. Dans une interview accordée mardi soir à Reuters, il a affirmé compter sur la diplomatie et, en dernier recours, sur une éventuelle action judiciaire aux États-Unis pour annuler ces mesures.
De Moraes est au cœur des tensions bilatérales après avoir renforcé les restrictions à l’encontre de l’ancien président Jair Bolsonaro, poursuivi pour son rôle présumé dans une tentative de coup d’État en 2022. Cette procédure judiciaire a déclenché l’ire de Donald Trump, qui a qualifié le procès de « chasse aux sorcières ». En réaction, la Maison Blanche a imposé des droits de douane de 50 % sur les produits brésiliens et placé Moraes sous sanctions financières, affectant lourdement le secteur bancaire du pays.
Malgré ce bras de fer, le magistrat a assuré que la décision américaine ne faisait pas l’unanimité au sein du gouvernement Trump. « Une contestation judiciaire est possible, et je n’ai pas encore rencontré d’avocat ou d’universitaire américain ou brésilien qui doute que les tribunaux annuleront cette décision. Mais pour l’instant, j’ai choisi d’attendre. C’est mon choix. C’est une question diplomatique pour le pays », a-t-il expliqué.
Si Moraes se prépare à engager une bataille judiciaire, il estime toutefois que la solution viendra plutôt d’un changement d’attitude de Washington. Il espère que l’administration américaine finira par reconsidérer sa position, sous la pression des divergences internes et des effets économiques négatifs sur les relations commerciales avec le Brésil.
Cette affaire illustre l’ampleur des tensions suscitées par le procès de Bolsonaro, qui a pris une dimension internationale. Alors que le Brésil tente de préserver ses relations économiques avec les États-Unis, le sort de Moraes est devenu un symbole de l’équilibre précaire entre justice nationale et pressions politiques étrangères.