La Première ministre japonaise Sanae Takaichi, 64 ans, suscite un engouement inattendu auprès des jeunes électeurs, à quelques jours d’un scrutin qu’elle a convoqué pour le 8 février et qu’elle semble en passe de remporter largement, selon les sondages.
Son sac cabas, fabriqué par la marque japonaise Hamano, est en rupture de stock. Son stylo rose est devenu viral sur les réseaux sociaux. Même ses en-cas favoris se vendent désormais à grande vitesse. Autant de détails qui ont transformé la cheffe du gouvernement en phénomène culturel, bien au-delà de la sphère politique traditionnelle.
Première femme à diriger le Japon, Takaichi a su investir les plateformes numériques avec une aisance remarquée. Sur X, Instagram et TikTok, elle cumule un nombre d’abonnés largement supérieur à celui de ses rivales et adversaires, attirant une génération souvent perçue comme distante de la politique.
Cette stratégie tranche avec l’image habituelle des dirigeants japonais, souvent jugés austères et déconnectés des préoccupations quotidiennes. En mettant en avant des objets du quotidien et une communication plus directe, la Première ministre a réussi à humaniser sa fonction et à capter l’attention d’un électorat jeune et urbain.
À Tokyo, ses apparitions publiques sont largement relayées en ligne, et chaque détail de son style est commenté. Pour ses soutiens, cette proximité nouvelle est un signe de modernité. Pour ses détracteurs, elle masque des positions politiques conservatrices sur des sujets clés.
Quoi qu’il en soit, cette popularité numérique pourrait se traduire dans les urnes. À l’approche du vote, la vague portée par sacs à main, hashtags et selfies semble donner à Sanae Takaichi un avantage décisif dans une campagne où l’image compte désormais autant que les programmes.