Le vice-président du parti libéral russe Iabloko, Maxim Kruglov, a été inculpé jeudi pour avoir diffusé de prétendues « fausses informations » sur l’armée russe, ont indiqué les enquêteurs de l’État. L’opposant, connu pour ses positions anti-guerre, risque jusqu’à dix ans de prison s’il est reconnu coupable.
Arrêté la veille à Moscou, Kruglov conteste les accusations et affirme son innocence. Selon son avocate, Natalya Tikhonova, les poursuites concernent deux publications postées en 2022 sur Telegram, dans lesquelles il aurait dénoncé des attaques contre des civils ukrainiens attribuées aux forces russes. Son domicile a été perquisitionné avant son placement en garde à vue.
Les autorités affirment que ces messages constituent une violation de la loi interdisant la diffusion de « fausses nouvelles » concernant l’armée, adoptée peu après l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Un tribunal doit examiner dans la journée la demande de placement en détention préventive formulée par les enquêteurs.
Iabloko, qui ne détient aucun siège au parlement national mais conserve une présence marginale dans certains parlements régionaux, est l’un des rares partis russes à avoir ouvertement critiqué la guerre. Dès le déclenchement de l’offensive, le parti avait exhorté le président Vladimir Poutine à mettre fin au conflit.
Ce n’est pas la première fois que ses responsables sont visés par les autorités : Lev Shlosberg, autre figure du mouvement, a été placé en résidence surveillée en juin dernier pour « discréditation de l’armée », tandis que Boris Vishnevsky est actuellement visé par une procédure visant à classer l’un de ses ouvrages comme « extrémiste ».
L’affaire Kruglov illustre la répression persistante contre les voix dissidentes en Russie, où toute critique de la guerre en Ukraine demeure passible de lourdes sanctions pénales.
Que retenir rapidement ?
Le vice-président du parti libéral russe Iabloko, Maxim Kruglov, a été inculpé jeudi pour avoir diffusé de prétendues « fausses informations » sur l’armée