LISBONNE – Une opération conjointe entre la police judiciaire portugaise et la DEA américaine a conduit à l’arrestation d’un capitaine de police portugais et d’un complice, accusés d’avoir orchestré l’importation de près de 1,5 tonne de cocaïne dissimulée dans des conteneurs de peaux d’animaux en état avancé de décomposition.
Les enquêteurs ont révélé jeudi que la drogue, soigneusement cachée entre des couches de peaux non tannées et envoyée depuis l’Amérique latine, est arrivée au port de Leixoes, dans le nord du Portugal, après plusieurs semaines de transit maritime. L’état de putréfaction avancée des peaux, combiné à une odeur nauséabonde, a rendu particulièrement difficile l’intervention des forces de l’ordre chargées d’extraire et de peser la cargaison illicite.
Selon un porte-parole de la police judiciaire, les autorités avaient laissé les conteneurs être acheminés vers un entrepôt situé à Fafe, une ville du nord du pays, dans le cadre d’une opération de surveillance. Une fois sur place, les forces de l’ordre ont saisi non seulement la drogue, mais également des armes illégales et plusieurs milliers d’euros en liquide.
L’un des principaux suspects de l’affaire est un capitaine de la Garde nationale républicaine (GNR) en congé sans solde depuis plusieurs années. De manière troublante, cet agent avait autrefois dirigé une opération majeure contre un réseau de trafic de drogue dans la même ville de Fafe il y a seulement deux ans, ce qui soulève de sérieuses interrogations sur la corruption au sein des forces de l’ordre.
Les autorités n’ont pas révélé l’identité des suspects ni le nom de la destination finale présumée de la drogue, mais une enquête est en cours pour déterminer l’ampleur du réseau et d’éventuelles ramifications internationales. L’affaire met en lumière les méthodes de plus en plus ingénieuses – et macabres – utilisées par les trafiquants de drogue pour contourner les contrôles douaniers en Europe.