Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné le déploiement d’un bataillon de l’armée dans le district de Kaiama, dans l’État central de Kwara, après une attaque nocturne qui a fait au moins 170 morts, a annoncé jeudi la présidence.
L’assaut, survenu mardi contre le village de Woro, est présenté comme le plus meurtrier de l’année dans cet État frontalier du Niger. Les autorités soupçonnent des combattants djihadistes d’être à l’origine de l’attaque, dans une région où les violences armées et les enlèvements de masse se sont intensifiés ces derniers mois.
Cette zone est considérée comme à haut risque, en raison de la présence et de l’activité accrues de groupes armés, dont des factions liées à État islamique en Afrique de l’Ouest. Selon des analystes sécuritaires, ces groupes cherchent à étendre leur influence vers le sud le long de l’axe Niger–Kwara.
Les violences ravivent les craintes d’une progression djihadiste vers la forêt de Kainji, que des experts estiment susceptible de devenir un nouveau bastion. Les autorités locales ont renforcé les patrouilles et annoncé des opérations de ratissage pour tenter d’empêcher de nouvelles attaques.
Le Nigeria fait par ailleurs l’objet de critiques internationales sur sa capacité à protéger les civils. L’an dernier, le président américain Donald Trump avait accusé Abuja de ne pas suffisamment protéger les chrétiens face aux attaques islamistes et aux enlèvements. Le 25 décembre, des frappes américaines avaient visé des cibles qualifiées de terroristes.
Pour Abuja, le déploiement de troupes vise à restaurer la sécurité et à rassurer les populations locales, profondément traumatisées. Les autorités affirment poursuivre leurs efforts pour endiguer l’insécurité persistante, alors que le pays reste confronté à de multiples foyers de violence armée.