Massacre de touristes en Inde : les ambitions de Modi pour le Cachemire anéanties par une attaque meurtrière
Massacre de touristes en Inde : les ambitions de Modi pour le Cachemire anéanties par une attaque meurtrière

Ce qui devait être un séjour idyllique dans les prairies himalayennes du Cachemire a tourné au cauchemar. Le 22 avril, des hommes armés déguisés en soldats ont ouvert le feu sur des centaines de touristes indiens, pour la plupart hindous, rassemblés dans la clairière de Baisaran, près de Pahalgam. En quelques instants, 26 personnes ont été tuées et 17 blessées. L’attaque, qualifiée de terroriste par New Delhi, a ravivé les tensions avec le Pakistan, accusé d’en être le commanditaire — ce qu’Islamabad nie fermement.

Ce massacre, parmi les plus meurtriers visant des civils dans la région depuis des années, a anéanti la rhétorique du gouvernement indien selon laquelle le Cachemire serait redevenu sûr. Le Premier ministre Narendra Modi, qui a placé la stabilité et le développement du Cachemire au cœur de son programme nationaliste, affirmait que l’essor du tourisme prouvait le retour à la normalité. Ce narratif s’est brutalement effondré, et les autorités indiennes ont reconnu, fait rare, une grave défaillance sécuritaire.

Selon les médias indiens, aucun dispositif de sécurité n’était en place pour encadrer les plus de 1 000 touristes présents ce jour-là, malgré la présence de plusieurs camps militaires le long de l’accès à la prairie. L’attaque rappelle les attentats du passé contre des pèlerins hindous, mais marque une escalade inédite par son ampleur et le choix des cibles. « Nous avons commencé à croire à notre propre narration sur la normalité au Cachemire », déplore Avinash Mohananey, ancien officier du renseignement indien.

Des voix s’élèvent en Inde pour réclamer des représailles militaires contre le Pakistan, dans un climat de surenchère nationaliste relayé par les chaînes de télévision. Mais des experts comme Ajai Sahni estiment que ces appels relèvent d’une rhétorique vide. « Peu importe ce qui sera réellement fait, on dira que ça l’a été, et on célébrera cela comme une réussite », affirme-t-il.

L’attaque survient dans un contexte de tensions régionales exacerbées. Certains analystes voient dans ce massacre une possible réponse aux accusations du Pakistan contre l’Inde, tenue responsable d’un détournement de train meurtrier au Baloutchistan en mars. Dans les deux cas, seuls les hommes ont été visés, un détail que Mohananey considère comme révélateur d’un lien stratégique entre les attaques.

Pour le général D.S. Hooda, ancien commandant militaire dans le nord de l’Inde, l’heure est venue de revoir la stratégie : « Le Pakistan utilise le terrorisme comme instrument de politique d’État. Nous devons sécuriser nos territoires, mais surtout nous attaquer à la source de ce terrorisme. » Une déclaration lourde de conséquences dans une région déjà marquée par un historique explosif entre deux puissances nucléaires.

Partager