L’écrivain australien Yang Hengjun détenu en Chine implore un transfert médical : Canberra salue son « profond courage »
L’écrivain australien Yang Hengjun détenu en Chine implore un transfert médical : Canberra salue son « profond courage »

SYDNEY — L’écrivain et blogueur pro-démocratie australien Yang Hengjun, condamné à mort avec sursis en Chine en 2024 pour espionnage, a écrit une lettre poignante au Premier ministre Anthony Albanese, sollicitant une aide urgente pour un transfert médicalisé. Détenu depuis six ans à la prison n°2 de Pékin, l’auteur de romans d’espionnage, qui nie les accusations portées contre lui, exprime sa gratitude envers l’Australie tout en détaillant la dégradation de son état de santé.

Dans cette lettre datée du 10 janvier mais rendue publique seulement cette semaine par ses proches, Yang affirme que le Premier ministre a « à plusieurs reprises » alerté les autorités chinoises sur sa situation. Il y exprime son espoir de retrouver sa famille en Australie pour bénéficier de soins médicaux adaptés, soulignant que le gouvernement australien « fait tout son possible » pour le rapatrier.

Le ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, a salué mardi le courage de Yang dans un communiqué : « Le Premier ministre et moi-même avons été profondément touchés par la lettre du Dr Yang – un message de profond courage, de résilience et d’espoir malgré des circonstances extraordinairement difficiles ». Elle a réitéré la volonté de Canberra de voir Yang « chez lui en Australie, réuni avec sa famille ».

La Chine a défendu à plusieurs reprises la régularité des procédures judiciaires dans cette affaire. Yang, citoyen australien né en Chine, avait été arrêté en 2019 à l’aéroport de Guangzhou alors qu’il arrivait de New York, où il travaillait. Accusé d’espionnage pour un État étranger non spécifié — une accusation que Pékin n’a jamais pleinement étayée —, il avait été jugé à huis clos. Le verdict, tombé trois ans après son procès, a profondément choqué sa famille établie en Australie.

En Chine, une condamnation à mort avec sursis implique un sursis de deux ans avant d’éventuellement être commuée en peine de prison à perpétuité, voire plus rarement, à une peine à durée déterminée. Cette incertitude judiciaire, combinée à une détention prolongée dans des conditions opaques, suscite une vive inquiétude au sein des autorités australiennes, qui dénoncent un manque de transparence.

La publication de la lettre de Yang intervient peu après la reconduction du gouvernement travailliste d’Anthony Albanese, qui vient d’entamer un second mandat. La diplomatie australienne reste engagée dans ce dossier sensible, alors que les relations entre Pékin et Canberra, longtemps tendues, connaissent depuis peu un fragile réchauffement.

Partager