Le Royaume-Uni vote la dépénalisation de l'avortement en Angleterre et au pays de Galles
Le Royaume-Uni vote la dépénalisation de l'avortement en Angleterre et au pays de Galles

Les députés britanniques ont voté mardi en faveur de la dépénalisation de l’avortement en Angleterre et au pays de Galles, marquant un tournant majeur dans le droit de la santé reproductive au Royaume-Uni.

La Chambre des communes a approuvé, par 379 voix contre 137, un amendement à un projet de loi sur la criminalité visant à empêcher que des femmes soient poursuivies au pénal en vertu d’une législation ancienne datant du XIXe siècle. Ce changement n’affectera pas les modalités d’accès à l’avortement, mais retirera les femmes du champ du droit pénal.

La députée travailliste Tonia Antoniazzi, à l’origine de l’amendement, a justifié cette réforme en soulignant que plus de 100 femmes avaient été enquêtées au cours des cinq dernières années pour avortement illégal, y compris certaines ayant subi des fausses couches ou des mortinaissances. Elle a qualifié les poursuites actuelles de « cruelles » et contraires à la justice.

« Cette loi ne fait que retirer les femmes du système pénal parce qu’elles sont vulnérables et qu’elles ont besoin de notre aide », a déclaré Antoniazzi. « Cela ne sert aucun intérêt public. »

La réforme doit encore être intégrée au projet de loi global sur la criminalité, qui devrait être adopté par les députés avant d’être examiné par la Chambre des Lords. Celle-ci peut retarder le texte, mais pas le bloquer.

Actuellement, l’avortement est légal en Angleterre, au pays de Galles et en Écosse jusqu’à 24 semaines de grossesse, voire au-delà dans des circonstances exceptionnelles. En Irlande du Nord, l’avortement a été dépénalisé en 2019.

Les modifications introduites pendant la pandémie de COVID-19, permettant l’envoi de pilules abortives par la poste et l’interruption de grossesse à domicile dans les dix premières semaines, ont conduit à plusieurs cas très médiatisés de femmes poursuivies pour avoir utilisé ces pilules après le délai légal.

Les groupes anti-avortement ont fermement condamné cette réforme. Alithea Williams, responsable politique de la Society for the Protection of Unborn Children, a dénoncé une mesure qui « privera les bébés à naître de toute protection résiduelle et laissera les femmes à la merci des abuseurs ».

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