Le parlement du Groenland a décidé d’avancer la tenue d’une réunion consacrée à la réponse politique aux déclarations américaines sur une éventuelle prise de contrôle de l’île arctique, ont annoncé conjointement les dirigeants des cinq partis représentés à l’assemblée.
Cette initiative intervient après de nouvelles déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé que les États-Unis devaient posséder le Groenland afin d’empêcher la Russie ou la Chine d’y étendre leur influence. L’île, riche en ressources minérales et stratégiquement située entre l’Europe et l’Amérique du Nord, bénéficie déjà d’une présence militaire américaine dans le cadre d’un accord de défense signé en 1951 avec le Danemark.
Dans un communiqué commun, les responsables politiques groenlandais ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « mépris » à l’égard de leur territoire et de leur population. « Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais », ont-ils déclaré dans un message relayé par le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen.
La réunion du Inatsisartut, initialement prévue début février, sera avancée afin de permettre un débat politique approfondi et de préserver les droits du peuple groenlandais. Aucune nouvelle date n’a encore été annoncée.
Ces prises de position américaines ont ravivé les inquiétudes parmi les quelque 57 000 habitants de l’île, dont une large partie aspire à l’indépendance. Un accord conclu en 2009 avec le Danemark reconnaît explicitement le droit du Groenland à l’autodétermination, même si les partis divergent sur le calendrier et les modalités d’une éventuelle séparation.
Les dirigeants groenlandais ont insisté sur la nécessité de décider de l’avenir du territoire « sans pression extérieure » et ont appelé à un dialogue fondé sur la diplomatie et le respect du droit international, alors que les tensions géopolitiques autour de l’Arctique ne cessent de s’intensifier.