Arrêté récemment en Grèce en vertu d’un mandat international, le puissant homme d’affaires moldave Vladimir Plahotniuc a déclaré vendredi vouloir retourner en Moldavie pour prouver son innocence dans l’affaire du « vol du siècle », scandale financier qui a ébranlé le pays en 2014. Il s’agit de sa première déclaration publique d’envergure depuis son arrestation, relayée via les réseaux sociaux.
Plahotniuc, ancien député et chef du Parti démocratique de Moldavie, est accusé d’être l’un des cerveaux de la disparition de près d’un milliard de dollars du système bancaire moldave — une somme équivalente à environ 12 % du PIB du pays à l’époque. Ce scandale retentissant a plongé la Moldavie dans une crise politique et financière majeure, précipitant la défiance populaire envers les élites.
« Je veux retourner dans le pays pour prouver mon innocence aux autorités chargées de l’application de la loi — ou du moins ce qu’il en reste après les soi-disant réformes », a écrit Plahotniuc, dans une déclaration aux accents de défiance. Il qualifie les accusations portées contre lui de « calomnies » et de règlements de comptes politiques, estimant être la cible d’une campagne orchestrée par ses opposants.
Jusqu’à son exil, Plahotniuc était considéré comme l’homme le plus influent de Moldavie, accusé par ses détracteurs d’avoir concentré entre ses mains le pouvoir économique, médiatique et politique. Il avait quitté le pays en 2019 à la suite d’un changement de majorité et était depuis recherché par les autorités moldaves, qui avaient intensifié leurs efforts pour obtenir son extradition.
La semaine dernière, Plahotniuc a accepté d’être extradé vers la Moldavie et s’est dit prêt à coopérer avec la justice, y compris dans le cadre d’enquêtes menées par des instances internationales. Son retour intervient à un moment crucial pour le gouvernement pro-européen de Chisinau, qui ambitionne de rejoindre l’Union européenne d’ici 2030 et veut faire de la lutte contre la corruption un pilier de sa crédibilité internationale.
L’affaire Plahotniuc cristallise depuis des années le débat sur l’impunité des élites en Moldavie. Pour certains, son retour pourrait ouvrir la voie à une justice tant attendue. Pour d’autres, il pourrait raviver les tensions politiques dans un pays encore profondément marqué par l’instabilité institutionnelle. Reste à savoir si le magnat saura réellement « laver son nom » ou s’il sera confronté à un procès exemplaire.