WASHINGTON — Le FBI a annoncé lundi la réouverture d’enquêtes très médiatisées : l’une portant sur la découverte de cocaïne à la Maison Blanche en 2023, sous l’administration Biden, et l’autre sur la fuite du projet d’avis de la Cour suprême ayant conduit à l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 2022. Ces relances interviennent dans un climat de forte polarisation politique aux États-Unis.
C’est Dan Bongino, ancien agent des services secrets, figure médiatique conservatrice et désormais directeur adjoint du FBI, qui a communiqué cette décision via un message sur la plateforme X. Il a indiqué vouloir recevoir des comptes rendus hebdomadaires sur l’évolution de ces dossiers, deux affaires largement relayées par la droite américaine comme symboles présumés de dérives ou de dysfonctionnements institutionnels.
La présence d’un sachet de cocaïne découvert dans un casier près de l’entrée de l’aile ouest de la Maison Blanche en juillet 2023 avait fait les gros titres, nourrissant les spéculations des Républicains, notamment Donald Trump, qui avait publiquement suggéré, sans preuve, que la drogue pouvait appartenir à Joe Biden ou à son fils Hunter. La Maison Blanche avait alors fermement rejeté ces allégations, les qualifiant d’« incroyablement irresponsables ». Aucune preuve n’a permis d’établir l’identité du propriétaire du sachet.
Parallèlement, la fuite en mai 2022 du projet d’avis de la Cour suprême dans l’affaire Dobbs contre Jackson Women’s Health Organization avait déclenché une tempête politique et médiatique. Ce document préfigurait la fin du droit constitutionnel à l’avortement aux États-Unis. Donald Trump avait qualifié la fuite d’« abomination » et appelé à emprisonner les journalistes concernés jusqu’à obtention du nom du ou des responsables. Là encore, l’enquête interne menée par la Cour suprême n’a jamais permis d’identifier l’auteur de la fuite.
Dan Bongino, désormais haut responsable du FBI, a affirmé avoir été en contact avec des lanceurs d’alerte, selon lesquels des preuves relatives à l’affaire de la Maison Blanche pourraient « correspondre à un membre du cercle restreint de Biden », sans toutefois présenter d’éléments concrets à l’appui de cette accusation.
Bongino a également promis d’affecter davantage de ressources à l’enquête sur le placement de bombes artisanales en janvier 2021 près des sièges du Parti démocrate et du Parti républicain, la veille de l’assaut du Capitole. Les dispositifs avaient été désamorcés à temps, mais l’auteur n’a jamais été identifié.
Ni la Cour suprême ni les services secrets n’ont commenté pour l’instant cette relance des enquêtes. L’administration Biden est restée silencieuse sur la nouvelle initiative du FBI, dans un contexte politique déjà particulièrement tendu à l’approche des élections de 2026.