Le climat politique en Hongrie s’échauffe à l’approche des élections d’avril 2026. Le chef du parti d’opposition TISZA, Peter Magyar, a annoncé mercredi son intention de déposer une plainte pénale contre un proche conseiller du Premier ministre Viktor Orbán, l’accusant d’avoir diffusé une vidéo truquée générée par intelligence artificielle le mettant en scène.
Selon Magyar, la vidéo en question — largement partagée sur les réseaux sociaux — le montre en train de tenir des propos compromettants sur la politique étrangère et la corruption. L’opposant affirme qu’il s’agit d’un deepfake sophistiqué, fabriqué dans le but de porter atteinte à sa réputation et de dissuader les électeurs à quelques mois du scrutin.
« C’est une tentative désespérée du pouvoir pour salir l’opposition et manipuler l’opinion publique », a déclaré Magyar lors d’une conférence de presse à Budapest. Il a ajouté que ses avocats avaient déposé une plainte contre le conseiller politique visé — une figure influente du cercle rapproché d’Orbán — pour diffamation et falsification numérique à des fins électorales.
Le parti au pouvoir, le Fidesz, a rejeté les accusations, évoquant une « stratégie de victimisation politique » et niant toute implication dans la diffusion de la vidéo. Le gouvernement n’a pour l’instant publié aucun communiqué officiel sur l’affaire.
Le scandale intervient alors que TISZA, formation centriste récemment fondée par Magyar, arrive en tête des sondages d’opinion, une première depuis plus d’une décennie pour une opposition hongroise fragmentée et affaiblie. Les analystes estiment que cette affaire pourrait marquer un tournant dans la campagne, en mettant au premier plan la question de la désinformation numérique et de l’usage politique de l’intelligence artificielle.
Des ONG comme Transparency International et Reporters sans frontières ont appelé à une enquête indépendante, avertissant que l’incident illustre la montée inquiétante des manipulations audiovisuelles en période électorale. En Hongrie comme ailleurs en Europe, la prolifération de contenus deepfake devient un enjeu central pour la protection de l’intégrité démocratique et la confiance du public dans les médias.