Les négociants en énergie en Asie rencontrent de plus en plus de difficultés pour s’approvisionner en fioul, alors que la guerre au Moyen-Orient perturbe fortement les exportations en provenance de la région.
Selon des sources du secteur, les livraisons transitant habituellement par le détroit d’Ormuz ont fortement diminué depuis le début du conflit impliquant l’Iran, obligeant les acheteurs asiatiques à chercher des cargaisons alternatives, notamment en Occident.
Les données de la société d’analyse Kpler montrent que le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz a chuté d’environ 90 %, provoquant une forte contraction de l’offre sur les marchés asiatiques.
Cette situation a déjà entraîné une hausse importante des prix du fioul. À Singapour, principal hub de soutage maritime au monde, le prix du fioul lourd à haute teneur en soufre a augmenté de plus de 40 % depuis le début du conflit.
La pénurie de ce carburant pourrait également affecter le secteur du transport maritime, car il est largement utilisé pour alimenter les navires.
Les experts estiment que les coûts de ravitaillement des navires devraient continuer à augmenter dans les principales zones portuaires, ce qui risque de se répercuter sur les prix du transport de marchandises.
En temps normal, environ 1,2 million de tonnes de fioul par mois transitent par le détroit d’Ormuz vers l’Asie, soit près de 246 000 barils par jour, dont environ 70 % sont destinés à l’Asie du Sud-Est. La perturbation actuelle de cette route stratégique pourrait donc avoir des conséquences durables sur les marchés énergétiques régionaux et mondiaux.