L’administration Trump a ordonné une révision systématique du statut des réfugiés admis aux États-Unis durant la présidence de Joe Biden, une mesure sans précédent qui pourrait rouvrir les dossiers de centaines de milliers de personnes, selon une note interne consultée par Reuters.
Le document indique que cette révision pourrait concerner l’ensemble des 233 000 réfugiés admis depuis 2021, dont beaucoup ont fui des conflits ou des crises humanitaires majeures, notamment en Afghanistan. L’objectif déclaré est de vérifier si les admissions ont respecté les procédures de sécurité et les conditions fixées par la loi sur les réfugiés.
Cette démarche pourrait entraîner la réouverture de dossiers déjà finalisés, voire la révocation de statuts accordés depuis plusieurs années, soulignant un virage radical dans la politique migratoire américaine. Des responsables impliqués dans le processus ont précisé que les autorités examineront les antécédents, la conformité administrative et tout élément susceptible de “mettre en doute l’admissibilité initiale”.
Les critiques dénoncent une mesure inutile et cruelle, susceptible de plonger des familles installées depuis plusieurs années dans une profonde incertitude. Des défenseurs des droits des réfugiés accusent la Maison-Blanche d’instrumentaliser le système d’asile pour relancer une politique migratoire dissuasive et idéologique.
Selon la note interne, l’administration présente cet examen comme un “devoir de sécurité nationale”, affirmant que certains dossiers auraient été traités trop rapidement durant la période d’afflux massif suivant la chute de Kaboul. L’examen pourrait durer plusieurs mois et provoquer un engorgement important des services chargés de l’immigration et de la réinstallation.
Les associations d’aide aux réfugiés craignent que la mesure ne conduise à des annulations de statuts ou à de longues périodes d’attente pour ceux dont les dossiers seraient remis en question. Elles estiment par ailleurs que cette révision pourrait dissuader des personnes vulnérables de solliciter la protection des États-Unis à l’avenir.