Une série de frappes israéliennes particulièrement violentes a visé mercredi le centre de Damas, notamment le ministère syrien de la Défense, dans ce que l’État hébreu décrit comme une réponse à la répression menée par le régime syrien contre la minorité druze dans le sud du pays. Selon des sources sécuritaires syriennes, au moins deux frappes de drones ont touché le bâtiment, provoquant la fuite des officiers vers les sous-sols, tandis qu’un panache de fumée épais s’élevait au-dessus de la capitale.
Ces frappes, parmi les plus importantes jamais lancées par Israël sur Damas, interviennent alors que les combats font rage dans la région de Soueida, théâtre d’affrontements violents entre milices druzes locales, forces gouvernementales syriennes et membres de tribus bédouines. Selon le Réseau syrien des droits de l’homme, au moins 169 personnes ont été tuées depuis le début de la semaine ; d’autres sources évoquent un bilan pouvant atteindre 300 morts, chiffres que Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante.
L’armée israélienne a revendiqué une attaque ciblant « la porte d’entrée du complexe du quartier général militaire du régime syrien », affirmant poursuivre ses frappes contre des objectifs dans le sud syrien, y compris des chars et des véhicules militaires se dirigeant vers Sweida. Israël justifie ces opérations par la nécessité de protéger la population druze, minorité religieuse présente en Syrie, au Liban et en Israël, qui subit selon les témoignages locaux des exactions de la part des forces syriennes.
Un habitant de Sweida, joint par téléphone, décrit une ville sous tension : « Nous sommes encerclés… On entend des tirs, des explosions… Nous essayons de faire taire les enfants pour qu’on ne nous repère pas. » Selon d’autres témoins, l’armée syrienne aurait pillé et incendié des maisons. Un journaliste de Reuters présent sur place a vu des forces gouvernementales voler des voitures et du mobilier, tandis qu’un homme montrait le corps de son frère abattu dans leur domicile.
Le Premier ministre israélien a averti que « des coups douloureux » seraient infligés à toute force menaçant les Druzes. Ces déclarations font écho à une mobilisation croissante des Druzes israéliens, certains ayant même franchi la frontière pour rejoindre leurs proches en Syrie. Tsahal a indiqué travailler au rapatriement sécurisé de ces civils.
Ces événements interviennent dans un contexte politique incertain en Syrie, où les nouvelles autorités islamistes issues de la chute du régime de Bachar el-Assad tentent de reprendre le contrôle du territoire. Le président par intérim, Ahmed al-Sharaa, promet de protéger les minorités, mais la répression en cours à Sweida remet en cause ses engagements. Damas accuse de son côté des « gangs hors-la-loi » d’être responsables du chaos, tout en promettant que les responsables des troubles seront jugés.
Alors que la situation humanitaire se détériore, Washington, par la voix de son envoyé spécial Tom Barrack, a déclaré être en contact avec toutes les parties pour favoriser le retour au calme. Mais avec l’escalade militaire en cours, la perspective d’une stabilisation rapide semble de plus en plus lointaine.