Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, doit s’exprimer prochainement sur ce que la télévision d’État a qualifié d’« actions terroristes » dans le pays, alors que des manifestations contre les difficultés économiques se poursuivent à travers l’Iran. L’annonce intervient dans un climat de tension accrue, marqué par une mobilisation persistante malgré les restrictions imposées par les autorités.
Depuis jeudi, une panne généralisée d’internet touche de larges zones du pays, selon l’organisation de surveillance du réseau NetBlocks. Cette coupure coïncide avec des appels à de nouvelles manifestations lancés par Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d’Iran renversé lors de la révolution islamique de 1979.
Les dernières protestations ont débuté à Téhéran, à la suite de la colère de commerçants du Grand Bazar face à la chute brutale du rial. Le mouvement s’est depuis élargi à d’autres catégories de la population, impliquant majoritairement de jeunes hommes, à la différence des manifestations de 2022-2023 où les femmes et les jeunes filles jouaient un rôle central.
Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency, au moins 34 manifestants et quatre membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début des troubles, et environ 2 200 personnes auraient été arrêtées. Pour plusieurs analystes, ces chiffres traduisent une désillusion croissante à l’égard du statu quo politique et économique du pays.
Les autorités iraniennes tentent de maintenir une approche à deux volets, affirmant que les protestations liées aux difficultés économiques sont légitimes et peuvent faire l’objet d’un dialogue, tout en réprimant certaines manifestations par l’usage de gaz lacrymogènes lors d’affrontements violents dans les rues.
Près de cinquante ans après la révolution islamique, les dirigeants religieux chiites peinent à répondre aux attentes d’une société majoritairement jeune. Dans les rassemblements actuels, de nombreux manifestants expriment leur frustration face aux priorités de la politique régionale de Téhéran, scandant « Ni Gaza, ni le Liban, ma vie pour l’Iran » pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une négligence des problèmes intérieurs au profit des engagements extérieurs.