Des centaines d’Indonésiens sont descendus dans les rues de Jakarta vendredi après la mort d’un chauffeur de moto de covoiturage, percuté par un véhicule de police lors de heurts près du Parlement. L’incident a déclenché une vague de colère et de manifestations réclamant une réforme en profondeur des forces de l’ordre, constituant ainsi le premier test majeur pour le président Prabowo Subianto, arrivé au pouvoir il y a moins d’un an.
L’accident s’est produit jeudi, lorsque la police a tenté de disperser des manifestants qui protestaient contre de nouvelles mesures législatives. Le motard, pris dans les affrontements, a été mortellement touché par un véhicule des forces de l’ordre.
Face à l’indignation, le président Prabowo a ordonné l’ouverture d’une enquête et lancé un appel au calme. Mais la contestation s’est rapidement étendue, touchant non seulement les rues de la capitale, mais aussi des écoles et des entreprises, contraintes de fermer par crainte de violences.
La police de Jakarta a procédé à l’arrestation de quelque 600 personnes, ce qui a renforcé les critiques des organisations de défense des droits. L’ONG Jakarta Legal Aid a exigé leur libération immédiate, accusant les autorités de répression excessive.
Ces troubles ont également eu des répercussions économiques : la roupie indonésienne et l’indice boursier national ont enregistré une nette baisse vendredi, signe de la nervosité des marchés face à l’instabilité politique.
Pour Prabowo, ancien général aux méthodes contestées, cette crise constitue une épreuve déterminante : il doit démontrer sa capacité à gérer les tensions sociales et à répondre aux accusations d’abus policiers, alors que la confiance du public dans les institutions est déjà fragilisée.