Plus de deux heures d’échanges téléphoniques ce lundi entre Vladimir Poutine et Donald Trump ont ravivé l’espoir d’une désescalade du conflit russo-ukrainien. Le président russe a qualifié cette conversation de « très instructive » et « utile », et a laissé entendre qu’un tournant diplomatique pourrait se dessiner à l’horizon.
« Nous sommes, de manière générale, sur la bonne voie », a déclaré le maître du Kremlin, tout en soulignant qu’un cessez-le-feu serait envisageable si des “accords pertinents” sont conclus entre la Russie et l’Ukraine. Il a insisté sur la nécessité pour les deux camps de parvenir à des “compromis acceptables” afin d’ouvrir la voie à un règlement durable.
Vers un traité de paix ?
Dans la foulée de cet entretien, Vladimir Poutine a affirmé que Moscou était prête à travailler avec la partie ukrainienne sur un mémorandum visant à préparer un futur traité de paix. Ce document, selon ses mots, permettrait de définir un cadre pour les négociations et de « formaliser un certain nombre de positions communes ».
Ce geste intervient alors que des discussions directes entre responsables russes et ukrainiens ont eu lieu vendredi dernier à Istanbul, une première depuis le printemps 2022. Ces pourparlers, accueillis en Turquie sous l’égide d’un format confidentiel, auraient permis d’aborder des éléments-clés d’une désescalade possible, notamment la neutralité de l’Ukraine, les zones contestées à l’Est, et la reconstruction des infrastructures civiles.
Poutine s’est montré prudemment optimiste sur ces discussions, affirmant que les échanges allaient « dans la bonne direction ».
Un dialogue réactivé avec Trump
Cet appel constitue la troisième conversation officielle entre Trump et Poutine depuis l’investiture du américain. Leur premier échange avait eu lieu le 12 février, suivi d’un second appel le 18 mars, au cours duquel Poutine avait accepté, selon Washington, de suspendre temporairement les frappes russes sur les installations énergétiques ukrainiennes. Cette trêve, cependant, avait été partiellement rompue selon les autorités de Kiev, qui dénoncent depuis plusieurs semaines des attaques ciblées sur le réseau électrique national.
L’administration Zelensky, tout en saluant les avancées diplomatiques récentes, reste extrêmement vigilante quant aux promesses russes. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a déclaré ce lundi que « tout cessez-le-feu ou tout traité devra s’appuyer sur une garantie claire de souveraineté et d’intégrité territoriale ». Il a également rappelé que l’Ukraine « ne négociera pas sous la pression ou les menaces ».
Une paix encore lointaine, mais envisageable
Les signaux envoyés par Moscou marquent un léger infléchissement du discours officiel russe, longtemps centré sur des exigences maximalistes. L’implication indirecte de Donald Trump, qui a conservé une influence importante au sein de la diplomatie républicaine, pourrait contribuer à débloquer certaines lignes rouges historiques.
Pour autant, les conditions posées par Moscou, notamment la reconnaissance du contrôle russe sur le Donbass et la Crimée, restent inacceptables pour Kiev, et rien n’indique pour l’instant que des concessions significatives aient été faites de part et d’autre…