Alors que Donald Trump et Vladimir Poutine s’étaient entendus oralement sur une trêve concernant les installations énergétiques en Ukraine et en Russie, les frappes se poursuivent, alimentant le doute sur la sincérité et l’efficacité de cet accord.
Ce vendredi 22 mars, une station de pompage de gaz à Soudja, dans la région russe de Koursk, s’est retrouvée en flammes après une violente explosion. Moscou accuse Kiev, via son Comité d’enquête, d’avoir mené une attaque délibérée, tandis que l’état-major ukrainien dément et évoque une opération russe sous faux drapeau, rappelant que ce site avait déjà été ciblé à plusieurs reprises par des frappes russes, y compris quelques jours auparavant.
La région de Zaporijjia, en Ukraine, a également été touchée. Un gazoduc a été endommagé, provoquant des fuites de gaz selon l’entreprise Zaporijgaz. Des bombardements russes seraient à l’origine de cette coupure, en contradiction apparente avec la trêve acceptée mardi par les trois parties prenantes — Trump, Poutine et Zelensky — sous pression diplomatique américaine.
Du côté russe, le dépôt pétrolier de Kavkazskaya, visé avant l’accord par une attaque de drones, continue de brûler. L’incendie s’est propagé à un second réservoir, causant une explosion et blessant deux pompiers.
Face à ces évènements, le Kremlin assure que l’armée russe respecte les ordres et s’abstient de cibler des installations énergétiques. Mais sur le terrain, les faits semblent contredire ces déclarations. L’Ukraine, de son côté, rappelle que la Russie a mené une campagne méthodique de destruction de son réseau énergétique depuis trois ans.
Par ailleurs, les combats font toujours rage le long du front. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé une attaque massive menée dans la nuit par des drones russes : 214 engins aériens, dont des Shahed et des leurres, ont été lancés. 114 ont été abattus, 81 n’ont pas atteint leur cible, mais certains ont causé des dégâts à Odessa, Soumy et près de Kiev.
À Odessa, un centre commercial a brûlé, un immeuble a été endommagé, trois adolescents ont été blessés, et même un cimetière n’a pas été épargné. À Kherson, un homme et une femme ont été blessés par un drone dans le village de Stanislav.
Alors que les bombardements se poursuivent des deux côtés, la trêve sur les infrastructures énergétiques apparaît déjà fragilisée. Chaque camp nie être à l’origine des frappes et accuse l’autre de sabotage. Dans ce contexte tendu, la perspective d’un cessez-le-feu durable semble encore très lointaine.