La majorité des 15 migrants afghans décédés la semaine dernière au large de l’île grecque de Chios ne sont pas morts par noyade mais de graves blessures à la tête, selon des résultats d’autopsie consultés par Reuters. Le drame s’est produit lorsque leur canot pneumatique est entré en collision avec un navire des garde-côtes grecs.
Une enquête criminelle a été ouverte à la suite de la collision survenue le 3 février, l’un des accidents impliquant des migrants les plus meurtriers en Grèce depuis plusieurs années. D’après les autorités, un patrouilleur des garde-côtes a heurté une embarcation transportant environ 39 personnes, provoquant son chavirement.
Les garde-côtes affirment que le canot naviguait sans feux de signalisation et qu’il a ignoré les injonctions de s’arrêter. Selon leur version, l’embarcation aurait brusquement changé de cap avant d’entrer en collision avec le navire officiel, entraînant la chute des passagers à la mer.
Toutefois, les témoignages de cinq survivants, également consultés par Reuters, contestent cette version. Ils assurent qu’aucun avertissement n’a été donné par les garde-côtes et que le canot n’a pas modifié sa trajectoire avant l’impact. Des plongeurs ont par la suite retrouvé des corps sans vie à l’intérieur même de l’embarcation.
L’affaire relance le débat sur les pratiques d’interception et de contrôle en mer Égée, alors que les autorités grecques font face à un examen accru de leurs opérations. Les conclusions de l’enquête en cours devraient déterminer les responsabilités dans ce naufrage meurtrier.