Eva Schloss, survivante de l’Holocauste et belle-sœur d’Anne Frank, est décédée à 96 ans. (AP)
Eva Schloss, survivante de l’Holocauste et belle-sœur d’Anne Frank, est décédée à 96 ans. (AP)

Eva Schloss, survivante d’Auschwitz et belle-sœur de Anne Frank, est décédée à l’âge de 96 ans. Elle s’était consacrée toute sa vie à sensibiliser le public aux horreurs de l’Holocauste, notamment à travers l’Anne Frank Trust UK, dont elle était présidente honoraire. Le roi Charles III a rendu hommage à son engagement, soulignant qu’elle avait consacré sa vie à « combattre la haine et les préjugés » et à promouvoir « la gentillesse, le courage et la résilience ».

De Vienne à Amsterdam : la fuite et l’amitié avec Anne Frank

Née Eva Geiringer à Vienne en 1929, elle fuit avec sa famille après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie. À Amsterdam, elle se lie d’amitié avec Anne Frank, dont le journal deviendra un témoignage emblématique de l’Holocauste. Comme les Frank, sa famille passa deux ans cachée avant d’être trahie, arrêtée et déportée vers Auschwitz. Eva et sa mère survécurent à l’horreur du camp, tandis que son père et son frère y périrent.

Un nouveau départ à Londres

Après la guerre, Eva s’installa en Grande-Bretagne et épousa Zvi Schloss, un réfugié juif allemand. Sa mère épousa en 1953 Otto Frank, le père d’Anne, le seul survivant direct de sa famille. Eva Schloss resta silencieuse sur ses traumatismes pendant de nombreuses années, expliquant que la douleur de la guerre l’avait rendue réservée et distante.

Une mission d’éducation et de sensibilisation

À partir de 1986, Eva Schloss décida de partager son histoire avec le monde. Elle intervint dans des écoles, des prisons, participa à des conférences internationales et publia plusieurs ouvrages, dont Eva’s Story: A Survivor’s Tale by the Stepsister of Anne Frank. Elle continua à militer jusqu’à ses 90 ans, dénonçant notamment les comportements antisémites et les contenus niant l’Holocauste sur les réseaux sociaux.

Un message universel contre la haine

Eva Schloss rappelait régulièrement que l’éducation était la clé pour combattre le racisme et la discrimination : « Nous ne devons jamais oublier les terribles conséquences de considérer certains êtres humains comme ‘autres’. Nous devons vivre ensemble avec nos différences. La seule façon d’y parvenir est l’éducation. »

Sa famille l’a saluée comme « une femme remarquable : survivante d’Auschwitz, éducatrice dévouée à l’Holocauste, infatigable dans son travail pour la mémoire, la compréhension et la paix ». Eva Schloss laisse derrière elle ses trois filles, ainsi que ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Son mari, Zvi Schloss, était décédé en 2016.

Partager